Depuis que les autorités équato-guinéennes ont annoncé avoir déjoué un « putsch », des Etats et institutions internationales multiplient des messages de soutien à Teodoro Obiang Nguema Mbassogo. Sans pour autant écouter l’opposition pourtant pointée du doigt par Malabo.

La communauté internationale au chevet de Teodoro Obiang Nguema après le putsch manqué de fin décembre 2017. Si ce n’est pas évident, c’est tout de même ce que laissent entrevoir des faits et gestes de certaines institutions internationales.

Lors d’une entrevue mardi à Addis-Abeba avec le représentant permanent de la Guinée équatoriale auprès de l’Union africaine, le président de la commission de l’UA a dévoilé la position de l’institution par rapport à cette affaire. Moussa Faki Mahamat a ainsi rappelé à Simeon Oyono Essono « la position de principe de l’Union africaine sur le rejet de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement et du mercenariat », peut-on lire dans un communiqué rendu public le même jour après les retrouvailles entre les deux responsables.

Bien, avant lui, l’ONU avait dépêché lundi un émissaire spécial pour rencontrer le dirigeant équato-guinéen à Malabo, la capitale. « Les Nations-unies se sont prononcées clairement contre l’usage de la force contre les Etats. La prise de pouvoir anticonstitutionnelle est condamnée aussi bien par l’Union africaine (UA) que par les Nations unies », a déclaré François Lounceny Fall venu dans la capitale guinéenne pour obtenir de plus amples informations sur cette affaire.

La voix de l’opposition ignorée?

Mais, si des opposants en exil remettent en cause la véracité de cette histoire de « coup d’Etat manqué », l’opposition restée au pays reproche à François Lounceny Fall de ne s‘être contenté que des informations du régime d’Obiang Nguema. « Il fallait que l‘émissaire de l’ONU parle avec nous, qu’il nous écoute. Il doit savoir que nous avons plus de 200 militants détenus et bien torturés, c’est une déception pour nous qu’il quitte (la Guinée) sans nous rencontrer”, a déploré à l’AFP Gabriel Nse Obiang, leader national du principal parti d’opposition, Citoyens pour l’Innovation (CI).

Le parti affirme aussi que plusieurs dizaines de ses militants ont été arrêtés ces dernières semaines et que les forces de sécurité ont “assiégé” le siège du parti depuis 10 jours. Celles-ci ont abandonné leur position lundi matin, peu avant l’audience du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au palais présidentiel à Malabo, selon CI.

Peut-être une manière pour l’opposition d’insinuer que la communauté internationale ne se soucie que de la bonne santé du régime en place plutôt que de la stabilité politique du pays tout entier.

Africanews

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