Les députés et sénateurs gabonais, réunis en congrès mercredi 10 janvier dans les locaux de l’Assemblée nationale, ont adopté le projet de la nouvelle Constitution. La révision constitutionnelle, critiquée par l’opposition, a été adoptée à 197 voix pour, 14 contre et deux abstentions

Le texte avait déjà reçu tour à tour l’aval de l’Assemblée nationale et le Sénat, qui y avaient précédemment ajouté des amendements.  Ces deux chambres sont composées en quasi totalité de membres du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir).

Cependant ni le contenu du texte, ni de ses différents amendements par l’Assemblée, le Sénat ou le Congrès n’ont pour l’instant été rendus publics.

Le pouvoir a salué l’adoption du texte qui comporte des « avancées démocratiques »  comme l’instauration d’un scrutin à deux tours pour les élections présidentielles.

De son côté, l’opposition dénonce une « monarchisation » du pays.  Le 6ème vice-président du Sénat, Jean-Christophe Owono Nguéma, qui a bataillé contre cette nouvelle Constitution, a accusé ses collègues d’avoir « assassiné » la République en adoptant une Constitution qui concentre tous les pouvoirs entre les mains du chef de l’Etat.

Selon des indiscrétions qui ont fuité dans la presse, la nouvelle constitution garantit au président de la République une immunité après ses fonctions car il ne peut être poursuivi, recherché ou jugé à la fin de son mandat.

Le mandat présidentiel reste à sept ans renouvelables autant de fois, au grand dam des opposants et membres de la société civile, qui réclamaient une limitation.

Gestes d’ouverture : l’adoption du principe d’un scrutin présidentiel à deux tours et la possibilité de la cohabitation est prise en compte dans le texte.

Cette révision doit désormais obtenir l’aval de la Cour constitutionnelle. Puis, le chef de l’Etat aura 25 jours pour promulguer la nouvelle Constitution.

L’adoption du projet de la nouvelle constitution risque de compliquer d’avantage la situation au Gabon, où la réélection, en août 2016, d’Ali Bongo Ondimba (au pouvoir depuis 2009) est toujours contestée par l’opposition qui soutient Jean Ping, le considère comme « président élu ».

Le pays se prépare à la tenue d’élections législatives en 2018. Initialement prévu en décembre 2016, ce scrutin a déjà été reporté à deux reprises.

VOnews

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