En Côte d’Ivoire, le rouleau compresseur continue de se déchaîner contre les anciens barons du défunt régime Gbagbo. Dernier cas en date, celui de l’ancien ministre de la Défense, Lida Kouassi Moïse (voir photo, au centre). Lui et trois de ses co-accusés (des militaires) devront passer 15 ans de leur vie derrière les barreaux.

15 ans de prison. C’est le coup de massue que l’ancien ministre a reçu ce jeudi. Ainsi en a décidé la Cour d’assises d’Abidjan. Lui et ses trois co-accusés (Katet Gnatoa, Samuel Zadi et Pacôme Brou) ont été condamnés pour « complot contre l’autorité de l’Etat ». La justice ivoirienne les accuse d’avoir organisé en 2012 une plateforme avec pour intention de renverser le régime d’Alassane Dramane Ouattara.

Le procès a duré trois jours et les délibérations elles, ont fait trois heures d’horloge. La peine de 15 ans d’emprisonnement a été revue à la baisse, si l’on s’en tient au fait que le procureur de la République avait requis 20 ans contre les quatre hommes.

Ce procès n’avait d’autre but que de solder le compte de Laurent Gbagbo, mais par Lida Kouassi interposé.

Le verdict ne laisse pas l’avocat de monsieur Lida Kouassi indifférent. Le juriste, Me Félix Bobré, promet de faire appel de la sentence et brandit la thèse du complot. Pour lui, le fait que son client fut un supporter de Laurent Gbagbo a joué contre lui. Me Bobré, très amer, déclare que « ce procès n’avait d’autre but que de solder le compte de Laurent Gbagbo, mais par Lida Kouassi interposé ».

De son côté, Me Coulibaly Soungalo, représentant les intérêts de l’Etat ivoirien, exulte. Il affiche clairement sa satisfaction vis-à-vis du verdict, s’appuyant sur des documents qui auraient été trouvés au domicile togolais de monsieur Lida Kouassi.

Peut-on vraiment parler de justice des vainqueurs ?

Si l’on en croit les déclarations de l’accusation, ces documents constitueraient la preuve irréfutable de la participation de Lida Kouassi au complot militaire déjoué.

Pour leur part, les pro-Gbabo parlent de « justice des vainqueurs », s’interrogeant sur le fait que seuls les partisans de l’ancien président Ivoirien se retrouvent derrière les barreaux. D’autres encore, doivent se tenir loin de leur pays pour ne pas subir le même sort que ceux qui se font emprisonner.

Jusqu‘à ce jour, des détenus politiques tels que Simone Gbagbo (l’ex-Première dame), les anciens ministres Assoa Adou et Hubert Oulaye, les officiers de gendarmerie Anselme Séka Yapo et Jean-Noël Abéhi, le général Bruno Dogbo Blé, l’ex-commandant de la Garde républicaine, tous pro-Gbagbo, sont en prison.

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive, plusieurs autres personnalités de l’ancien régime étant toujours détenues dans les geôles ivoiriennes, sans oublier l’ancien président Laurent Gbagbo, emprisonné à la Haye, aux Pays-Bas.

Les observateurs s’insrugnet face à la liberté dont jouissent des hommes tels que Soro Kigbafori Guillaume, le tout-puissant président de l’Aselmblée nationale et grand meneur de l’ex-rébellion des Forces nouvelles, elles aussi accusées d’avoir commis des crimes de masse pendant la crise politico-militaire qui a déchiré la Côte d’Ivoire de 2002 à 2011.

D’autres noms tels que Chérif Ousmane, Losséni Fofana, Ouattara Issiaka (alias Wattao), Tuo Fozié, tous militaires, nordistes et ancien chefs rebelles ayant activement participé à la venue au pouvoir d’Alassane Ouattara (lui aussi nordiste), jouissent d’une liberté qui frustre certains.

Leurs noms sont pourtant mentionnés dans des crimes sordides, commis pendant la rébellion armée qui a vivement contribué au renversement du régime Gbagbo.

AFP

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