Pour le ministre congolais des Sports, l‘équipe nationale de football ne devrait plus s’appeler « Diables rouges ». Hugues Ngouelondele invite ainsi les Congolais à réfléchir sur un nouveau surnom. Et des voix s‘élèvent déjà pour le soutenir ou s’opposer à l’idée.

Le nom « Diables rouges » date de 1972, lors de la finale de la 8è Coupe d’Afrique des Nations contre le Mali au Cameroun. L‘équipe congolaise qui s’appelait « Congo sport » était menée 1-0 par le Mali, but de Diakité dit Gigla à la 42è minute. Mais, à la deuxième période, les Congolais se révoltent. Mbono dit « Sorcier » égalise à la 57è et double la mise deux minutes après, avant que François Mpelé « tue » le match à la 63è minute. Ce qui a poussé un reporter français à s’exclamer : « Finalement, ce sont des diables habillés en rouge ! ».

S’appelant désormais Diables rouges après le sacre de Yaoundé, l‘équipe nationale congolaise a multiplié des contre-performances. Lesquelles ont parfois fait très mal au cœur des Congolais. Comme l‘élimination lors des ¼ de finale de la CAN en 2014 par la RDC qui l’avait battue 4-2 alors que les Diables rouges menaient 2-0 à 20 minutes de la fin. Trente ans auparavant, lors de la finale de la coupe de l’UDEAC, les Diables rouges furent battus à l’issue de l‘épreuve des tirs au but par le Cameroun alors qu’ils menaient 2-0. Sans compter l’inoubliable 31 mars 1985 quand le Zaïre battit le Congo 5-2 lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1986 au Mexique.

Et si Hugues Ngouelondele n’impute pas clairement ce signe indien au surnom de l‘équipe nationale, il est soutenu par bien d’observateurs. « Ce mot diable n’est pas bon. C’est le symbole de la malédiction ! », tempête un chef religieux. « Voilà pourquoi, on est souvent battu », renchérit un autre pasteur.

Mais, pour beaucoup d’autres Congolais, on ne saurait expliquer les déconvenues des Diables rouges par le simple surnom. « Manchester United s’appelle Diables rouges, la Belgique aussi. Est-ce que là-bas on explique les défaites par le surnom ? » , s’interroge un habitant de Brazzaville. « Ce serait penser à côté que d’imputer l‘état actuel de notre équipe à son surnom », explique Georges Eboué, journaliste à la retraite.

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