La situation semble aller de mal en pis à Jerada (nord-est). Cette ville minière du royaume chérifien est depuis quelque temps agitée par un vaste mouvement de contestation sociale, apprend-on. 

L’arrestation samedi dernier de deux jeunes leaders de la grogne populaire n’est visiblement pas faite pour arranger les choses. Les détails dans cet article.

Jusqu‘à dimanche, Amine Mkallech et Mustafa Dainane, les deux concernés, se trouvaient entre les mains de la police. Aux dires des autorités, l’arrestation des deux meneurs n’a rien à voir avec leur rôle joué dans la vaste grogne sociale qui secoue Jerada depuis fin décembre dernier.

En effet, selon le procureur général d’Oujda, l’arrestation de Mustapha Dainane est relative « à un accident de circulation causé le 8 mars à 1 heure du matin » et « n’a aucun rapport avec les événements que connaît Jerada ». Les manifestants de la grogne sociale affirment qu’Amine Mkallech a lui aussi été mis aux arrêts dans le cadre de même accident.

Les autorités marocaines semblent décidées à effacer toute trace de contestation. C’est du moins ce que l’on constate, si l’on s’en tient au fait que le profil Facebook de Mustapha Dainane (dont la photo de profil représente le révolutionnaire russe Lénine) n‘était pas visible ce dimanche.

Pour exiger la libération de leurs champions, des centaines de contestataires se sont donné rendez-vous devant le commissariat de Jerada.

Mais le mouvement de contestation souffre de ses points de vue divergents et pour cause ; l’approche du gouvernement à travers des mesures socio-économiques a provoqué des fissures dans le mur de la résistance, divisant le mouvement en deux parties.

Les uns veulent donner le temps au gouvernement de tenir ses promesses de réformes sociales, tandis que les autres refusent toute trêve et veulent manifester jusqu‘à ce que les autorités satisfassent toutes leurs revendications.

Baye Bacar NDAO

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