Les dirigeants africains se réunissent aujourd’hui mercredi à Kigali au Rwanda, pour lancer la ZLEC, la Zone de libre-échange continentale. L’accord qui sera signé en l’absence du Nigeria, qui n’est pas favorable au projet dans sa forme actuelle, prévoit d’instaurer à terme une zone de libre-échange entre les 55 pays qui constituent le continent.

La ZLEC, c’est le rêve de voir abolies les barrières douanières entre les 55 pays du continent et donc de dynamiser les économies. Pour le issau-Guinéen Carlos Lopes, ancien dirigeant de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, c’est donc l’inverse de la fragmentation économique qu’il constate actuellement au sein des grandes régions africaines.
« Nous sommes dans une espèce de logique de fragmentation, logique de rupture de la convergence qui est nécessaire pour créer une zone de libre-échange. On peut donc se demander si les dynamiques sous régionales ne sont pas en train de miner la possibilité de l’intégration régionale plutôt que de la favoriser. Avec la ZLEC, nous allons vraiment niveler tout cela, ce qui changera complètement la donne. C’est ce qui se fait avec tous les zones de libre-échange, c’est ce dont l’Afrique a besoin. »

Mais qui dit libre-échange dit concurrence accrue entre des pays au niveau de développement très divers. Est-ce que les puissances africaines ne vont pas avaler les pays les plus faibles ? Une crainte exprimée par le professeur Ndongo Samba Sylla, de la Fondation Rosa Luxembourg à Dakar. Il estime que les pays africains ne sont encore prêts pour le libre échangisme.

L’accord instituant la ZLEC signé ce mercredi doit être ratifié au moins par 22 pays pour entrer en vigueur. Beaucoup de questions restent sans réponse, comme par exemple la compensation pour les pays qui ont besoin des recettes douanières pour équilibrer leurs comptes, mais les partisans du libre échangisme africain espèrent enclencher une dynamique positive, ce mercredi à Kigali, au Rwanda.

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