A en croire une récente enquête le taux de sous-utilisation de la main d’œuvre en Côte d’Ivoire serait de 27,8%, 35,8% des travailleurs classés « pauvres » et un taux d’emplois informels cumulé de 93,6%. Ces statistiques sont tirées d’une enquête nationale sur la situation de l’emploi et du secteur informel en 2016.

La représentante du Directeur pays du Bureau international du travail, Sophie de Conninck les a rendues public, ce jour au cours d’une session de sensibilisation des administrations publiques et des organisations du secteur privé partenaires du Comité de concertation Etat secteur privé (CCESP) sur la déclaration de principes tripartites sur les entreprises multinationales et la politique sociale.

Elle a affirmé que la situation de l’emploi en Côte d’Ivoire offre un tableau qu’il faut encore améliorer et a mentionné que la dynamique de croissance notée depuis quelques années a un faible impact sur la qualité de l’emploi.

Sophie de Conninck estime par ailleurs qu’il est de la responsabilité des acteurs nationaux de faire en sorte que les entreprises qui s’installent en Côte d’Ivoire contribuent à la création d’emplois décents pour les jeunes femmes et les jeunes hommes.

Cette session s’inscrit dans le cadre du projet entreprise et travail décent promotion et application de la déclaration de principe tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale du BIT.

Un projet financé par le Gouvernement français qui est mis en œuvre en Côte d’Ivoire et au Sénégal qui s’applique sur les bonnes pratiques et les leçons apprises du BIT en matière de mobilisation des entreprises et d’emplois de jeunes et s’inscrit dans le cadre d’une réponse multidisciplinaire impliquant différents départements du BIT pour répondre à la demande du pays et traiter de la question de l’emploi et plus particulièrement, la promotion de l’emploi jeune.

Selon la représentante du Directeur pays du BIT, le Conseil d’administration du BIT a adopté en mars 2017, une version révisée de la déclaration de l’OIT sur les entreprises multinationales qui célèbre d’ailleurs son quarantième anniversaire.

Elle a précisé que la version révisée de la déclaration répond aux nouvelles réalités économiques, notamment à l’augmentation des investissements internationaux et des échanges commerciaux et à la croissance de chaines d’approvisionnement mondiales.

«L’instrument qui vous sera présenté aujourd’hui reflète un fort consensus entre gouvernements employeurs et travailleurs, » a déclaré Sophie de Conninck.

La déclaration de l’OIT sur les entreprises multinationales, a un double objectif qui est partagé par tous.

Il s’agit d’encourager les entreprises multinationales à concrétiser le travail décent et contribuer au développement socio-économique des pays où elles opèrent et d’atténuer, de résoudre les difficultés que leurs diverses opérations peuvent soulever. Effectivement, le déploiement des opérations d’une entreprise multinationale, porteur d’opportunité pour le développement du tissu socio-économique national, mais également présenter certains défis.

Elle soutient que le dialogue avec les entreprises nationales et multinationales se présente comme un moyen efficace pour maximiser l’impact positif et minimiser l’impact négatif de celle-ci sur le développement.

« La déclaration de l’OIT sur les entreprises multinationales est le seul instrument de portée mondiale, traitant des pratiques durables responsables des entreprises qui a été adopté de manière tripartite et repos sur les normes internationales de travail et clarifie les responsabilités des différentes parties entreprises multinationales, gouvernements, organisations de travailleurs et organisations d’employeurs, » a conclu Sophie de Conninck.

Le secrétaire exécutif du Comité de concertation Etat secteur privé (CCESP), Mariam Fadiga Fofana s’est réjouis de la tenue de cette session qui cadre avec ses ambitions de faire du dialogue public privé un levier de promotion du développement socio-économique.

«Elle constitue une opportunité pour le Gouvernement ivoirien au regard de l’importance qu’il accorde à la concertation inclusive et constructive autour des objectifs de l’émergence, » a-t-elle précisé.

Elle estime enfin que dans sa globalité, le secteur privé doit jouer davantage un rôle social au-delà de son rôle économique et de s’engager ainsi sur la voie du développement durable à l’effet d’améliorer à la fois ses performances et son image.

Baye Bacar NDAO 

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