L’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, facilitateur dans la crise burundaise, projetait une nouvelle session du dialogue inter-burundais à partir du 25 avril prochain à Entebbe, en Ouganda, afin d’essayer de trouver un accord de sortie de crise avant le référendum constitutionnel prévu le 17 mai prochain au Burundi. Ce lundi 16 avril, la Commission de l’Union africaine et les Nations unies ont sorti un communiqué conjoint qui dénonçait l’intransigeance de Bujumbura, avant de le retirer.
Le communiqué conjoint de l’Union africaine et de l’ONU était on ne peut plus clair. Les deux organisations ne cachaient pas leur « inquiétude » face à la décision de Bujumbura de suspendre sa participation au dialogue de sortie de crise au Burundi.

Elles « exhortaient » donc le gouvernement du président Pierre Nkurunziza à reconsidérer sa position très rapidement car, en effet, il faut faire vite pour tenter de sauver l’accord de paix pour le Burundi, signé à Arusha en 2000, et qui est en grand danger à leurs yeux. Le pouvoir compte organiser le 17 mai prochain un référendum constitutionnel qui devrait permettre au président Nkurunziza de rester au pouvoir jusqu’en 2034. La communauté internationale estime que la nouvelle Constitution va enterrer définitivement cet accord qui a ouvert la voie à la fin d’une décennie de guerre civile dans ce pays.

Union africaine et ONU ont donc tapé du poing sur la table en réaffirmant, toujours selon ce communiqué, « leur détermination à assumer pleinement leurs responsabilités » en tant que « garants de l’accord d’Arusha », sans plus de précisions.

Problème technique ou volonté délibérée d’effacer ce communiqué ? Le texte a été retiré du site de l’organisation africaine lundi en début d’après-midi. « Il n’y avait pas de communiqué de prévu à ce stade », selon un diplomate africain joint à Addis-Abeba.

L’organisation africaine et l’ONU ne veulent pas encore vexer Bujumbura. Elles espèrent toujours sauver ce qui est considéré comme les négociations de la dernière chance, la semaine prochaine à Entebbe, en Ouganda, mais sans se faire trop d’illusions.

avec rfi

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