À la demande d’un tribunal près de 5 000 pêcheurs riverains d’un port en construction dans la ville de Lamu devraient recevoir une indemnisation estimée à 1,76 milliard de shillings, soit 18 millions de dollars. Mais, reste à savoir si ces fonds seront réellement versés aux ayants droit.

Toute la ville en parle. Tant les quelque 18000 habitants de Lamu, plus ancienne colonie swahilie d’Afrique de l’est se disent très satisfaits de l’indemnisation de 1,76 milliard de shillings (18 millions de dollars) que recevra près de 5000 pêcheurs de la ville. “Nous étions satisfaits du jugement”, se félicite Mohamed Somo, président de l’unité de gestion de la plage de Lamu, une association de pêcheurs et témoin de l’affaire.

L’affaire, c’est celle qui a opposé ces habitants de Lamu à l‘État dans le cadre du plan LAPSSET. Un projet qui prévoit la construction d’un port, de nouvelles routes, d’un chemin de fer et d’un oléoduc reliant le Kenya au Soudan du Sud, à l’Ouganda et à l‘Éthiopie.

Un projet qui ne devrait pas s’exécuter sans conséquences. Pour Mohamed Somo, la vie des pêcheurs de l’ancienne ville arabe avaient souffert du fait du dragage  qui a détruit la flore marine proche du rivage. Car c’est le lieu principal de nourrissage et de ponte des poissons. Conséquence, on enregistre ces derniers temps une régression progressive des populations de poissons près de la berge.

Crainte partagée par des écologistes qui estiment que la construction depuis le début en 2012 de la construction de ce grand port, les récifs et les mangroves ne font que disparaître.

Et si les populations de Lamu n’avaient pas obtenu gain de cause au tribunal de Malindi, une instance judiciaire supérieure estime quant à elle que “cet échec (du jugement de Malindi, NDLR) crée un risque vérifiable et imminent de violation du droit à un environnement propre et sain des pétitionnaires et des résidents”.

En revanche, la partie est loin d‘être gagnée pour les pêcheurs de Lamu. “Les pêcheurs sont très heureux, mais ils craignent que le gouvernement ne respecte pas les ordres”, redoute Soyinka Lempaa, un avocat du groupe de défense des droits de l’Institut Katiba, qui a représenté les riverains de Lamu au tribunal.

Voilà qui pourrait encore poser le problème du non-respect et de la non-application des décisions judiciaires. Comme c’est le cas dans plusieurs pays d’Afrique où la plupart des institutions sont souvent « piétinées » par le pouvoir exécutif.

Avec Africanews

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