Le Hezbollah chiite et ses alliés auraient remporté un peu plus de la moitié des sièges au Parlement libanais lors des élections législatives de dimanche 6 mai, selon les résultats préliminaires annoncés par la presse. Dans une allocution télévisée, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a salué « une victoire politique et morale de la résistance ». Quant au Premier ministre Saad Hariri, il annonce selon ses propres termes « de lourdes pertes » pour son parti.

« Il y a une grande victoire morale et politique pour le choix de la résistance », a lancé Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, lors d’un discours retransmis à la télévision, sans toutefois donner le nombre de sièges remportés par son parti et ses alliés. Les résultats de l’élection doivent en principe être officialisés dans la soirée.

Les estimations du parti chiite, plusieurs heures après le début du dépouillement, indiquent qu’il a raflé la mise quasiment partout où il était présent.

Dans un contexte de fortes tensions régionales autour du rôle de l’Iran, principal parrain du mouvement chiite, « le Hezbollah est bien parti pour avoir une grande influence dans le processus décisionnel » au Liban, a affirmé à l’AFP le politologue Karim el-Mufti.

Créé au début des années 1980 dans la foulée de la Révolution islamique iranienne pour lutter contre Israël, le Hezbollah combat actuellement en Syrie aux côtés du régime de Bachar el-Assad. Il est considéré comme une organisation « terroriste » par les Etats-Unis, et cinq de ses membres ont été accusés dans l’assassinat en 2005 de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.
« De lourdes pertes » pour le parti de Saad Hariri

Dans le camp sunnite, le Premier ministre, Saad Hariri, a dû reconnaître le net recul de son parti au Parlement, avec la perte d’un tiers des sièges. Mais, en conférence de presse, il a tout de même énuméré les victoires décrochées.

« Dans [les résultats] que nous avons vus, nous sommes en tête au Akkar, à Tripoli, à Beyrouth, à Eklim et Saïda, et même à l’est et au nord de la Bekaa, ce qui donne au Mouvement du futur un gros bloc de 21 députés au Parlement. »

21 députés sur 128 contre 33 dans le précédent Parlement. Saad Hariri a admis que son parti « avait parié sur un meilleur résultat et un bloc plus large ».

Concernant le faible taux de participation – 49,2% – le Premier ministre estime que beaucoup n’ont pas compris la nouvelle loi électorale. Restant la force la plus importante au sein du camp sunnite, Saad Hariri devrait être reconduit au poste de Premier ministre, mais la forte poussée du Hezbollah le met en difficulté.

Le parti chrétien du président Michel Aoun arrivé deuxième, et jusque-là allié du Hezbollah, devrait, quant à lui, jouer un rôle d’arbitre, avec environ 28 sièges.

Saad Hariri est affaibli politiquement, mais toujours donné favori à sa propre succession. Il a toutes les chances d’être reconduit dans ses fonctions de chef du gouvernement. Sauf que ce ne sera pas gratuit, selon la chercheuse Aurélie Daher.

avec rfi

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here