Des milliers de poissons tilapias ont été trouvés morts le 21 mai dernier dans le lac Toho au sud-ouest, rapportent des médias locaux. Mais, jusqu’ici, pas d’informations exactes sur la cause de cette mort collective. Et place au débat.

Une image à couper le souffle. Tant elle paraît presque insolite. Un long tapis d‘écailles blanches flottant sur la houle du lac Toho, dans la commune d’Athiémé, au sud-ouest du Bénin. Ce sont des dizaines de tonnes de poissons tilapias inanimés, donc morts. Ainsi que l’ont constaté hier les autorités. « Les pêcheurs ont trouvé ça comme un don de Dieu et les ramassaient. Les femmes les fumaient. Nous avons dépêché une équipe technique sur le terrain. Nous sommes venus observer ce matin et il y a une belle brochette de pêcheurs, avec leurs pirogues, effectivement sur le plan d’eau », a déclaré Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de la pêche et de l‘élevage qui venait d‘être alerté.

Aucune explication officielle ni scientifique n’est disponible jusqu’ici. De quoi prêter le flanc aux conjectures. Il s’agirait par exemple d’une pellicule rouge aperçue en train de flotter sur les eaux du lac. Ce qui fait penser à un empoisonnement du cours d’eau.

Une hypothèse écartée par des acteurs du secteur de la pêche. « Aucun lac n’a été empoisonné parce qu’il n’y a aucun poisson du lac qui soit mort », s’est insurgé Christian Guidibi, président de l’union des producteurs aquacoles du Bénin.

Et de procéder lui aussi par des suppositions. « La première cause probable est que, ayant des installations avicoles dans les environs, les gens ont utilisé des herbicides et des pesticides et avec la pluie, l’eau de ruissellement a atteint les infrastructures. La seconde cause qui est moins probable, c’est le vandalisme. Quelle est la quantité de produits chimiques qu’on peut mettre dans une infrastructure comme celle-là et pouvoir tuer une pareille quantité de poisson ? C’est moins probable. La troisième cause probable, c’est le dimensionnement de l’infrastructure» , a déclaré M. Guidibi.

L’heure est à la prudence

Pour le site “benintv.com”, un pisciculteur dont l‘étang venait d‘être empoisonné aurait ouvert les vannes et deversé l’eau empoisonnée dans le lac Toho qui se trouve juste à côté. Ce qui a causé la mort de ces poissons.

Toutefois, en attendant la publication des résultats des analyses, les autorités béninoises jouent la carte de la prudence de manière à épargner les populations d’une éventuelle intoxication alimentaire mortelle. « Il faut éviter de manger ces poissons. Il faut prendre les mesures pour que les femmes qui ont fumé, on se refuse de leur acheter ces poissons. Les pêcheurs, on doit prendre les mesures pour leur interdire la fréquentation du plan d’eau. Ne serait-ce que pour une période de dix jours à deux semaines », a prévenu Gaston Dossouhoui cité par la chaîne de télévision panafricaine Télésud.

Reste à savoir comment une population béninoise réputée être piscivore réagira à cette mise en garde des autorités.

 

Avec Agences

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