Après sa libération provisoire annoncée par la CPI mardi 12 juin, Jean-Pierre Bemba était toujours à La Haye ce mercredi en début d’après-midi, le temps d’être fixé sur sa peine dans son procès pour subornation de témoins et après son acquittement vendredi dernier dans son procès pour les crimes commis en Centrafrique en 2002-2003. Il est donc attendu par ses partisans à Bruxelles.
Y-a-t-il un blocage côté belge ? C’est la question que se sont posés mercredi toute la journée les cadres du MLC. La Belgique qui a toujours coopéré avec la cour, qui a eu des mots plutôt durs envers le régime de Kinshasa ces derniers mois pourrait-elle refuser d’accueillir leur leader ?
Il y a un peu d’inquiétude chez les militants du parti, eux qui espéraient que leur « chairman » serait dès mardi 12 juin au soir à Bruxelles. Toute la matinée, plusieurs cadres ont couru d’administration en administration pour chercher les papiers nécessaires, toujours le téléphone à la main en attendant les instructions du chairman ou d’un membre de sa famille.
« On a donné tout ce que le greffe demandait, le titre propriété de la résidence en Belgique, tous les papiers administratifs nécessaires, on attend juste le feu vert du président pour préparer les militants », se réjouissait même l’un d’eux.
Lors de son arrestation il y a 10 ans, Jean-Pierre Bemba était résident au Portugal, il n’avait pas de papiers en Belgique. Le greffe de la CPI demandait toute une série de papiers, notamment le titre de propriété de la résidence où l’opposant congolais doit loger en attendant d’être fixé sur sa peine relative à la subornation de témoins. Sa famille, elle, sa femme et ses enfants résident ici dans la banlieue de Bruxelles. « Ses enfants sont même Belges, ils ne peuvent pas refuser de l’accueillir », assure un cadre.
Toute une partie de la famille, notamment, celle venue de Kinshasa, l’attend de pied ferme, ici, alors que sa femme et certains de ses enfants sont encore à La Haye pour tenter de démêler la situation. Mardi soir, Jean-Pierre Bemba a quitté le centre de détention, il reste sous surveillance de la cour, il est dans un hôtel avec ses proches en attendant d’avoir l’accord de la Belgique ou d’un autre Etat pour l’accueillir.
Des consultations sont en cours, assure le porte-parole de la cour à La Haye. Côté belge, même discours, des consultations sont en cours. Mais la Belgique n’a toujours pas officiellement donné son accord pour ce transfert. « Le greffe ne nous a même pas saisis », prétend même une source proche du gouvernement belge. Les officiels belges interrogés semblent bien embarrassés. On parle de réunions techniques, on parle de discussions de haut niveau.
Jean-Pierre Bemba a demandé à la cour d’être remis en liberté provisoire sur le sol belge, mais Bruxelles peut refuser. Même si, selon le porte-parole de la cour, les juges dans leur décision de mardi avaient rappelé que la Belgique avait toujours coopéré par le passé. On sait que les relations entre le Congo et la Belgique se sont considérablement tendues ces derniers mois, avec la fin de la coopération militaire et de développement ainsi que des mots très durs de part et d’autre.
Jean-Pierre Bemba n’a pas de passeport congolais valide, pas de titre de séjour en Belgique, ni de visa, « mais à cette heure, ça ne peut pas être qu’une question de papiers », pestait un proche de l’opposant congolais qui s’en prend aux flamands, qu’il accuse d’être trop proches de Joseph Kabila, à toute une élite belge qui aurait encore trop d’intérêts au Congo.
Pourtant, en fin de journée mercredi, du côté du parti, on avait retrouvé le sourire. « Ce n’est plus pour ce soir, c’est trop tard, mais demain, promis », assurait l’un des secrétaires généraux adjoints du MLC.

rfi

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