La police de l’Etat de Lagos a ainsi démantelé, cette semaine, un laboratoire clandestin de prélèvement de sang.
Dans le quartier de Bariga, à Lagos, un père de famille de 45 ans prélevait du sang à des mineurs contre de l’argent. Il opérait chez lui depuis cinq ans. Le laboratoire a été découvert après l’hospitalisation d’un jeune de 17 ans à qui il avait prélevé deux litres de sang à six jours d’intervalle.
Le trafiquant a été arrêté et sept litres de sang ont été découverts dans sa clinique clandestine. D’après la police, il a affirmé avoir reçu une formation de laborantin. L’enquête est en cours et les policiers cherchent à déterminer à qui était revendu le sang.
Selon le quotidien nigérian This Day qui s’est entretenu avec le trafiquant, il payait 2 000 nairas le litre de sang, soit environ 4 euros, et le revendait plus de trois fois et demie plus cher à un hôpital de Lagos.
C’est une affaire sordide, symptomatique d’un manque de sang dans le pays. Selon les données du ministère de la Santé, le Nigeria collecte annuellement à peine 1/3 de ses besoins en sang. Or, à peine 10% de ce sang provient de dons volontaires gratuits.
Les autorités sanitaires tirent régulièrement la sonnette d’alarme, mais les réticences à donner son sang restent très fortes. Résultat : le sang se monnaye parfois très cher, si le Rhésus est rare. Ce qui favorise aussi toutes sortes de trafics.
L’OMS estime qu’il faut un minimum de dix dons de sang pour 1 000 habitants pour garantir une disponibilité générale suffisante de sang destiné à la transfusion dans un pays. Le Nigeria en est loin. L’obtention du sang pour une transfusion se fait quasiment toujours dans l’urgence. Et 60% de ses dons sont d’origine commerciale, 30% sont des dons intrafamiliaux.

avec rfi

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