Des journalistes marocains, dont des salariés de l’Agence officielle MAP, ont appelé jeudi au boycott de l‘élection de leur nouveau corps, le Conseil national de la presse, en dénonçant des “irrégularités” dans le processus.

Ce Conseil, le premier du genre au Maroc, doit notamment superviser l’attribution de la carte de presse, rédiger un code de déontologie et veiller à son application. Il sera composé de 21 membres, dont trois représentants nommés par l’Etat et de membres élus par les éditeurs sur liste ouverte et sur liste fermée par les journalistes.

Une trentaine de journalistes de la MAP ont déposé un recours en référé devant un tribunal administratif pour invalider le vote prévu vendredi. Ils dénonçaient notamment l’exclusion de leurs collègues en poste à l‘étranger, les critères d‘éligibilité des représentants et le mode de scrutin à liste fermée qui selon eux “constitue une confiscation du droit des journalistes de choisir librement leurs représentants”.

Le tribunal s‘étant déclaré incompétent, le collectif a appelé “l’ensemble des journalistes (…) à boycotter ces élections”, dans un communiqué diffusé par l’agence MAP.

Par ailleurs, d’autres journalistes appartenant à deux listes en lice pour le scrutin ont annoncé jeudi le retrait de leur candidature et appelé eux aussi au boycott au cours d’un point de presse commun. La troisième liste, sous la bannière du Syndicat national de la presse, reste la seule en lice.

“Approche anti-démocratique et anti-constitutionnelle”

Le chef de la liste “Fidélité et responsabilité” Abdessamad Bencherif, actuellement directeur d’une chaîne publique, a dénoncé “une approche anti-démocratique et anti-constitutionnelle” destinée à élire “une structure pleine d’anomalies et de failles”.

“Les dés sont pipés, tout a été préparé d’avance”, s’est pour sa part indigné Ali Bouzerba, le chef de la liste “Changement”, devenu patron d’un site d’actualité après de hautes fonctions dans différents médias d’Etat.

“Je ne comprend pas cet appel au boycott la veille des élections  (…) pourquoi ne découvrent-ils ceci qu’aujourd’hui? Pourquoi n’ont-ils jamais critiqué les modalités de création du Conseil quand il y avait un débat public sur le sujet?”, a réagi Hamid Saadni, la tête de la troisième liste “Liberté, professionalisme, integrité”, lui-même journaliste à la chaine publique 2M.

Le ministère de la Communication a pour sa part diffusé un communiqué appelant les médias “au respect de la déontologie lors de la couverture des élections”.

Le terme de “boycott” a une résonance particulière au Maroc depuis le lancement d’un mouvement inédit de protestation contre la vie chère qui agite les réseaux sociaux depuis deux mois.

AFP

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here