La première demi-finale de la Coupe du Monde 2018 se tient mardi à 20 heures, à Saint-Pétersbourg. Quelle composition pour les Belges, quelle ambition pour les Bleus, les rôles de Lukaku et Giroud… Décryptage.

Enfin le réveil de Griezmann?

Antoine Griezmann, leader technique désigné de l’équipe de France réalise un Mondial poussif. En difficulté lors des matches de groupe, l’attaquant de l’Atlético Madrid monte progressivement en puissance après deux rencontres très correctes face à l’Argentine et à l’Uruguay. Avec 3 buts inscrits, le meilleur joueur de l’Euro 2016 affiche un bilan comptable intéressant mais reste pour le moment légèrement en deçà des attentes.

En France il y a deux ans, le joueur avait également connu des débuts difficiles, se voyant même relégué sur le banc face à l’Albanie, avant de se réveiller. Et de sortir l’un de ses meilleurs matches sous le maillot bleu lors de la demie contre l’Allemagne. Deux ans plus tard, l’histoire pourrait être encore plus belle. À condition de connaître, cette fois, un dénouement heureux.

Giroud et Lukaku, le duel clef?

Ils évoluent tous deux en Premier League, sont grands et costauds et seront alignés d’entrée à la pointe de leur équipe respective. Se feront sans doute face au coup d’envoi pour ne plus se croiser, chacun allant peser sur la défense de l’autre. Décisifs dans leurs registres, Olivier Giroud et Romelu Lukaku présentent pourtant des statistiques différentes. Quand le Français se distingue par ses aptitudes au duel (15 duels aériens gagnés contre 10 pour Lukaku), le Belge se montre plus utile à la finition (4 buts et une passe décisive contre une seule passe décisive pour l’attaquant de Chelsea).

Plus tourné vers le collectif, Giroud s’est affirmé comme l’un des meilleurs Français de ce Mondial en se sacrifiant pour les autres armes offensives de Bleus, Mbappé et Griezmann. À l’inverse, Lukaku s’est rendu indispensable par son rendement offensif. Deux profils similaires sur la forme, mais au registre bien différent donc. Loin de se cantonner aux seules statistiques de but, ce duel sera donc intéressant à suivre par l’impact et l’influence qu’auront les deux hommes sur leurs équipes. Une opposition de styles qui s’annonce donc déterminante et qui sera à suivre, à l’instar des duels Courtois/Lloris et Griezmann/Hazard.

Quelle composition pour les Belges?

Roberto Martinez tenait son équipe type. Un système à trois défenseurs axiaux, Alderweireld et Vertonghen entourant Kompany, et deux joueurs évoluant en piston sur les ailes. Chadli ou Carrasco à gauche et Meunier à droite. Entourant deux récupérateurs, Witsel et Fellaini, placés en soutien du trio De Bruyne-Hazard-Lukaku. Le tout, formant un 3-4-3 rigoureux, aussi offensif qu’équilibré. Un grain de sable vient néanmoins se nicher dans cette machine bien huilée. Thomas Meunier, le latéral droit du PSG est suspendu, coupable d’avoir récolté un carton jaune de trop après une faute grossière sur son coéquipier en club mais adversaire en quarts, le Brésilien Neymar. Aussi, Roberto Martinez devrait aligner un système similaire à celui affiché lors des matchs précédents, mais avec quelques changements notables.

Vertonghen, habituel défenseur central, devrait remonter d’un cran pour évoluer piston gauche à la place de Chadli, envoyé sur l’aile droite pour suppléer Meunier. En défense, Thomas Vermaelen devrait donc débuter aux côtés de Kompany et Alderweireld, pour compenser la montée de Vertonghen.

Échouer en demies serait-il un échec pour les Bleus?

L’objectif initial était clair pour la Fédération et l’encadrement des Bleus: le dernier carré. Après des succès probants contre l’Argentine puis l’Uruguay, c’est chose faite. Seulement, difficile de ne pas espérer plus, ce qu’a notamment fait remarquer Noël Le Graët dans nos colonnes.

«J’ai réuni les joueurs après la qualification pour les demi-finales pour leur dire que ce n’était pas ça l’objectif. J’ai rappelé assez fermement qu’il y en avait un autre plus élevé maintenant. Avant le début du Mondial, on souhaitait montrer que nous étions redevenus une grande équipe. C’est fait» a affirmé le président de la FFF.

Avec un tableau plus ouvert que prévu, les grandes nations que sont Brésil, Espagne ou Allemagne étant déjà en vacances, difficile de ne pas voir la France comme le favori logique. Tout autre résultat qu’une victoire finale sonnerait donc aussi bien comme un déchirement que comme un échec. L’équipe de France devra s’avancer mardi avec l’esprit conquérant, face à des Belges qui peuvent eux aussi rêver du titre.

Une finale avant l’heure?

Une demie n’est jamais une finale avant l’heure. Les Français ont pu le vérifier à leurs dépens en 2016, quand, après le succès contre l’Allemagne certains se voyaient déjà soulever le trophée. Les Bleus avaient finalement échoué en finale face à un Portugal présumé bien plus faible sur le papier.

Aussi, sous-estimer le vainqueur d’Angleterre-Croatie en cas de qualification pour la finale serait une grave erreur. Même si le tableau des Français et des Belges s’est montré plus relevé et leurs parcours respectifs plus emballants. Quand la France s’offrait l’Argentine puis l’Uruguay, la Belgique sortait le Brésil. De l’autre côté, Anglais et Croates bataillaient contre Suédois et Russes.

Avec LeFigaro

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