Une “crise” des kidnappings des enfants avec rançons agite depuis quelques mois les provinces du Kivu, déjà sous la menace des nombreux groupes armés. Le manque d’alternatives des jeunes après leurs études et la pauvreté ambiante dans cette région sont pointés.

À Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, les familles ne dorment plus sur leurs deux oreilles. C’est que, ces derniers mois, nombre d’entre elles ont reçu des appels intimidants, leur enjoignant de verser une rançon si elles veulent voir leurs enfants rentrer à la maison.

C’est à la limite une tendance dans les provinces instables du Nord et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo. Selon Kivu Security Tracker, un projet conjoint entre Human Rights Watch et le Congo Research Group qui trace les enlèvements dans ces provinces depuis 2017, au moins 730 personnes ont été enlevées ou kidnappées en contrepartie d’une rançon depuis le début de cette année.

Plus inquiétant encore, ces enlèvements visent de plus en plus des enfants, un phénomène relativement nouveau, notamment à Goma. Un groupe de protection de l’enfance à Goma a du reste confié au quotidien britannique The Guardian qu’en 2017, 215 enfants ont été enlevés dans la province et 34 tués, tandis qu’en janvier et juin de cette année, 97 enfants ont été enlevés pour 21 tués.

Pour l’heure, difficile d‘évoquer avec précision les auteurs de ces kidnappings. En dépit des enquêtes ouvertes par les autorités, rares sont celles qui ont abouti. De façon générale, les riverains parlent d’hommes, parfois cagoulés, même s’il semble que certaines femmes soient impliquées.

Combattre l’impunité

Josefat, une mère dont le fils de six ans a été enlevée puis torturé à Goma, assure au Guardian qu’elle a pu reconnaître l’un des ravisseurs qui serait son voisin. Mais apeurée, elle n’a pu le dénoncer aux autorités, d’autant que certaines d’entre elles sont soupçonnées de connivence avec les ravisseurs.

À Goma, cette ambiance inquiète. La ville, bien que riche en ressources naturelles est devenue le nid de groupes armés qui y règnent en maîtres depuis quelques années. Les autorités de la localité le reconnaissent, le chômage et le manque d’alternatives ainsi que l’instabilité politique pourraient pousser davantage de jeunes à prendre le mauvais chemin qui leur rapporte de l’argent facile.

Mais encore, le futur reste incertain. La RDC se prépare à organiser une élection présidentielle à la fin de l’année. Un scrutin aux nombreuses inconnues qui pourrait accroître l’instabilité dans le pays. En attendant, certaines ONG internationales opérant dans les provinces du Kivu ont décidé de se retirer en raison de l’insécurité grandissante, emportant avec elles, leurs emplois.

Malgré tout, rien n’est perdu. Certains activistes pensent que la sécurité peut être rétablie si le gouvernement provincial adopte une politique de tolérance zéro à l‘égard des enlèvements. Ils proposent en outre au gouvernement central de contraindre les entreprises de téléphonie mobile à établir un logiciel de géolocalisation afin que les ravisseurs puissent être retrouvés et arrêtés.

avec africanews

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