Le chef de la diplomatie allemande a mis en garde mercredi les Etats-Unis contre une déstabilisation du Moyen-Orient en raison de la reprise des sanctions américaines contre Téhéran, dont Washington exige un changement de comportement. 

« Celui qui espère un changement de régime ne doit pas oublier qu’il pourrait (…) nous causer des problèmes bien plus importants », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas dans un  entretien au journal régional Passauer Neue Presse.

« Un isolement de l’Iran pourrait justement favoriser la montée en puissance de forces fondamentalistes et radicales », a ajouté le ministre social-démocrate.

« Le chaos en Iran -comme nous l’avons vu en Irak ou en Libye- ne ferait que déstabiliser davantage une région déjà instable », a-t-il insisté.

La veille, Washington a repris ses sanctions économiques contre l’Iran, mais les Etats-Unis ont également exigé des entreprises européennes qu’elles mettent un terme à leurs relations commerciales avec la République islamique, sous peine elles aussi de subir des sanctions.

Le constructeur automobile Daimler a d’ailleurs annoncé mardi suspendre ses maigres activités sur place. Les autres entreprises allemandes engagées dans le pays -pour la plupart à petite échelle- ont soit gardé le silence, soit indiqué qu’elles observaient l’évolution de la situation.

« Personne ne fait confiance aux USA »

Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a affirmé pour sa part qu’il était difficile d’imaginer des négociations avec les Etats-Unis auxquels plus « personne ne fait confiance », au lendemain du rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran.

« Imaginez des négociations maintenant, comment pouvons-nous leur faire confiance? », a déclaré M. Zarif à la presse sur la chaîne d’information publique IRINN. « L’Amérique a constamment zigzagué, personne ne peut lui faire confiance », a-t-il affirmé.

Washington, qui s’est retiré en mai de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec les grandes puissances, mais à plusieurs reprises le président américain Donald Trump a laissé la porte ouverte à des pourparlers.

« Au moment où nous maintenons notre pression économique maximale sur le régime iranien, je reste ouvert à un accord plus global qui concernerait l’ensemble de ses activités néfastes, y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme », avait indiqué lundi M. Trump.

Mais pour M. Zarif, « avant, personne ne soutenait l’Iran. Maintenant, tous les pays du monde (le) soutiennent ».

Les Européens, eux aussi signataires de l’accord, se sont dit déterminés à sauver le texte et à « protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran ».

La première vague de sanctions américaines qui a pris effet mardi, comprend des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale.

Elle sera suivie en novembre d’autres mesures affectant le secteur pétrolier et gazier ainsi que la Banque centrale.

i24

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