Contrôle de la qualité du service, concurrence, services mobiles… Alors que les deux opérateurs de téléphonie mobile du pays ont déployé leur réseau 4G en juillet, Jeune Afrique fait le point avec Cina Lawson, la ministre togolaise des Postes et de l’Économie numérique.

Trois semaines après le lancement officiel de la 4G sur le réseau togolais de Moov, filiale de Maroc Telecom, c’était au tour de Togocel, l’opérateur public de téléphonie, qui fête cette année ses vingt ans, de procéder au lancement de son réseau.

« Lorsque nous avons signé avec les deux opérateurs, le 18 juin, pour leur octroyer la licence, ils se sont engagés sur notre cahier des charges qui leur donnait neuf mois pour lancer le service. Mais en fait, c’est allé bien plus vite, car ils avaient tout préparé en amont », s’est félicitée Cina Lawson, ministre togolaise des Postes et de l’Économie numérique, jointe au téléphone par Jeune Afrique. Entretien.

Jeune Afrique : Quels sont les leviers du gouvernement pour agir sur les prix du secteur des télécoms ?

Cina Lawson : Au Togo, nous avons choisi de ne pas exercer de contrôle sur les prix, mais avons veillé à l’ouverture du marché à la concurrence, tout en tenant compte du fait que le marché, avec nos 7 millions d’habitants, reste limité, et que les opérateurs sont de plus en plus réticents à entrer sur ces petits marchés, car cela leur demande de lourds investissements.

Nous les incitons donc à partager leurs infrastructures, pour baisser les coûts, et à nouer des partenariats avec d’autres acteurs digitaux. Par exemple, le développement des services de santé en ligne ou des plateformes de streaming, cela permet aux opérateurs de diversifier leurs sources de rémunération, et donc de baisser leurs prix.

Ces derniers mois, les sanctions à l’encontre des opérateurs de téléphonie pour des mauvaises qualités de réseau se sont multipliées en Afrique de l’Ouest, du Bénin à la Côte d’Ivoire en passant par le Niger. Une telle situation est-elle possible au Togo ?

L’autorité togolaise de régulation est chargée de faire des audits annuels, qui mesurent notamment le taux de couverture de l’opérateur et la qualité de son réseau, en termes de latence par exemple. Le dispositif prévoit qu’en cas de dysfonctionnement grave, et si l’opérateur n’a pas rétabli la situation dans le délai qui lui a été imparti, le régulateur a l’obligation de sanctionner – même si ça ne s’est jamais produit dans les faits.

Vous avez pris l’engagement qu’aucun Togolais ne se trouvera à plus de 5 km d’un point d’accès à l’Internet haut débit d’ici à 2030. Cette promesse est-elle tenable ?

Oui, je pense que ce sera même fait avant. D’ici trois ans, les opérateurs téléphoniques auront amélioré leur réseau pour que leurs abonnés reçoivent au moins la 3G.

Mais mon engagement concerne aussi tous les efforts faits par les opérateurs Internet, car cela comprend aussi bien la 4G que les connexions filaires. Dans ce domaine, nous avons notamment déployé un réseau wifi public dans les hôpitaux et les universités du pays et mis en place un intranet dans les lycées techniques.

Alors que le mobile banking se développe à grande vitesse et que les cryptomonnaies se multiplient, quelle est votre position sur la question ?

Je vois leur développement comme une opportunité, même s’il faudra bien sûr déployer un arsenal réglementaire pour les accompagner. Il me semble que l’essor des cryptomonnaies va dans le même sens que l’un de nos chantiers prioritaires, la dématérialisation des services. C’est un dossier sur lequel nous avons bien avancé : au Togo, on peut payer les impôts et les frais d’université, créer une entreprise ou percevoir les subventions agricoles sans se déplacer. La Poste a même lancé, le 15 mai, un compte épargne mobile rémunéré, à hauteur de 2 % – c’est une première dans l’Uemoa !

Avec Jeune Afrique 

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