L’Afrique du Sud a annoncé mardi un recul de son produit intérieur brut (-0,7%) pour le second trimestre consécutif, qui la place techniquement en situation de récession pour la deuxième fois en deux ans, illustration de sa fragilité récurrente.

Selon l’Office sud-africain de la statistique (StatsSA), le PIB de l‘économie plus industrialisé du continent a baissé de 0,7 % au deuxième trimestre de l’année 2018, après avoir déjà dégringolé de 2,6 % (chiffre corrigé) au premier.

“La baisse de 0,7 % (…) a pour origine un recul de l’activité dans les secteurs de l’agriculture, du transport, du commerce et des industries manufacturières et publiques”, a relevé StatsSA.

A l’inverse, “les mines, les finances, l’immobilier et les services ont été les principaux contributeurs” de richesse, a ajouté l’Office.

L’Afrique du Sud se débat depuis des années avec une croissance molle et un taux de chômage record à 27,7 %. Elle a enregistré une croissance de 1,3 % en 2017 (+0,6 % en 2016) et les analystes anticipent un chiffre de 1,8 % pour 2018.

Elle avait déjà connu un épisode de six mois de récession technique fin 2016-début 2017.

Ramaphosa attendu au pied du mur

“Ces chiffres reflètent les opportunités manquées ces dernières années pour l‘économie et l’incapacité (du pouvoir) d’instaurer les mesures de confiance susceptibles de renforcer les créations d’emplois et la confiance des investisseurs”, a commenté sur Twitter l’analyste Daniel Silke.

Le président Cyril Ramaphosa, qui a succédé en février au sulfureux Jacob Zuma, a promis de relancer l‘économie, notamment en dopant les investissements étrangers, et d‘éradiquer la corruption qui gangrène son pays.

Il tente à tout prix d‘éviter une nouvelle dégradation de la note financière de son pays par les agences de notation, qui l’avaient précipité en 2017 dans les catégories spéculatives.

De nombreux analystes ont récemment mis en garde contre les potentiels effets néfastes sur les marchés du projet de réforme foncière controversé lancé par M. Ramaphosa.

Il veut autoriser les expropriations sans indemnisation pour corriger, au profit de la majorité noire, les injustices de l’apartheid.

avec AFP

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