Les Etats membres des Nations unies se rassemblent dès ce lundi au siège de l’institution, à New York, pour sa 73e Assemblée générale. Sur la liste de la pléthore de sujets qui seront évoqués à cette rencontre mondiale, figurent en bonne place des dossiers africains brûlants.

 

En près d’un an d‘écart entre la précédente Assemblée générale de l’ONU et la présente session, l’Afrique n’a pas réussi à éradiquer nombre de ces conflits armés. La 73e Assemblée générale de l’ONU à laquelle affluent déjà des dirigeants du monde entier, devrait de nouveau se pencher sur les crises du continent.

 

C’est surtout de l’avenir des missions de maintien de la paix – dont le 70e anniversaire de création coïncide avec la présente assemblée – dont il sera question. D’abord dans le Sahel où la Force multinationale mixte du G5 Sahel a du mal à prendre son envol, faute de financements. Pourtant, de cette task force rassemblant le Burkina Faso, le Mali, le Tchad, la Mauritanie et le Niger, dépendait la survie de la Mission des Nations unies au Mali.

 

Or, pour nombre d’observateurs, il est peu probable que le mandat de la Minusma soit renouvelé, bien que le G5 Sahel n’ait pas fait ces preuves. Une décision qui pourrait non seulement peser sur les forces armées maliennes confrontées à l’insistance des attaques djihadistes, mais aussi sur la force française Barkhane dont l’opérationnalisation du G5 Sahel aurait été une porte de sortie.

 

Le boycott de Kabila

Autre mission de maintien de la paix, celle de la Monusco, en République démocratique du Congo. Quel rôle jouera-t-elle lors du processus électoral en cours dans le pays ? C’est la quintessence du différend entre le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, et l’ONU. L’institution, de même que l’Union africaine estiment que la force devrait assister et s’assurer d‘élections crédibles en RDC. Une vision en parfaite contradiction avec celle de Kinshasa qui prêche plutôt pour une non-ingérence de la Monusco dans les élections congolaises ; mais surtout à un engagement de la force onusienne contre les groupes armés dans l’Est.

 

En guise de protestation, le président congolais déjà à New York a décidé de boycotter toute activité autour de la Monusco et de la crise dans son pays. Changera-t-il d’avis ? Il faudrait attendre le vendredi pour le savoir.

 

À New York, la mission de l’ONU en Centrafrique sera également au cœur des débats. Il s’agira de tabler sur un renforcement au non du mandat de la Minusca, qui fait l’objet de vives critiques en raison notamment de nombreuses plaintes d’abus sexuels et de bavures.

 

Et la crise anglophone ?

Autre dossier au menu, la question migratoire pour laquelle les pays occidentaux veulent obtenir un accord avec les pays de départ et de transit. Des travaux auxquels devrait notamment prendre part la délégation marocaine.

 

Aucune mention toutefois de la crise dite “anglophone” au Cameroun. Le pays est entré ce samedi en campagne électorale dans le cadre de la présidentielle qui se tient dans un climat sécuritaire particulièrement électrique, notamment dans les deux régions anglophones. Le conflit a déjà fait des centaines de morts selon les ONG, et il pourrait s’intensifier durant cette période électorale, a par exemple averti l’International Crisis Group.

 

Lors de cette 73e session de l’AG de l’ONU qui se tient sous le thème “Rendre les Nations Unies plus pertinente pour tous : leadership mondial et responsabilités partagées pour des sociétés pacifiques, équitables et durables”, les pays membres rendront un hommage particulier à Nelson Mandela qui sera au cœur du “sommet Nelson Mandela pour une paix globale”, ce lundi.

avec africanews

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