Aux Etats-Unis, le conseiller à la Sécurité nationale du président Donald Trump, John Bolton, a prononcé un discours très acerbe contre la Cour pénale internationale (CPI). Le lundi 10 septembre dernier, à Washington, il déclare ceci : « les Etats-Unis utiliseront tous les moyens nécessaires pour protéger leurs citoyens et leurs alliés les poursuites injustes de la part de ce tribunal illégitime. »

Ce discours est la réponse à une prétendue enquête ouverte par la Cour sur les crimes de guerre perpétrés par les soldats américains en Afghanistan.

En réponse à cette déclaration, la CPI a rendu public un communiqué pour rappeler qu’ « en tant que cour de justice, elle continuera de faire son travail sans se laisser décourager, conformément à ces principes et à l’idée fondamentale de l’Etat de droit. »

Même si ce communiqué est salutaire, il ne suffira pas pour rassurer certains pays africains qui pensent la Cour n’est qu’un instrument néocolonial qui ne traque que les dirigeants de leur continent.

En 2017, les dirigeants africains ont adopté une stratégie appelant à un retrait collectif de la Cour pénale internationale. Cette mesure, non contraignante, a été prise à huis clos le 31 janvier de la même année, à la fin du sommet de l’Union africaine. Plusieurs chefs d’Etat se plaignent de la partialité de la CPI qui ne jugerait que des leaders africains. En effet, en 15 ans d’existence, la Cour n’avait condamné que des Africains.

La création de cette cour par le traité de Rome en 1998 avait pourtant fait naître d’immenses espoirs car, pour la première fois, une instance permanente et universelle de la justice internationale devenait réalité. Mais les Etats ont posé des verrous pour la CPI : elle ne peut poursuivre que pour des crimes commis sur le territoire de pays, ou contre des ressortissants de pays, ayant ratifié le traité.

Or, ceux qui craignent de devoir rendre des comptes, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la quasi-totalité des pays arabes et Israël rejettent cette juridiction. Certes, la cour peut être saisie par le Conseil de sécurité de l’ONU, mais les bourreaux bénéficiant de la protection d’un ou plusieurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité ne risquent pas grand-chose

Il est primordial donc pour la CPI d’aller au bout de son enquête sur ces soldats américains. Cela permettra de rassurer les détracteurs de la Cour et surtout les dirigeants africains.

Fallou Fall pour vonews 

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