C’est avec un grand plaisir que le peuple africain a accueilli la nouvelle sur la distinction reçue par le Congolais Denis Mukwege. Ce médecin s’est vu attribué,  vendredi 5 octobre, le prix Nobel de la paix 2018. Déjà, lauréat en 2014 du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, le gynécologue Denis Mukwege a créé en 1999 l’hôpital de Panzi, à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, où il pratique la chirurgie réparatrice pour soigner des femmes victimes de viols. Cette région orientale de la RDC sombrait alors, pour la seconde fois, dans la guerre (1998-2003) et voyait s’affronter des soldats de huit pays ainsi que des milices improvisées.

Cette distinction vient dans un contexte particulier. La prochaine élection présidentielle en RDC est prévue le 23 décembre. Les leaders politiques congolais doivent à l’unanimité prendre exemple sur  Denis Mukwege pour « réparer » leur pays.

En effet, à l’approche des élections présidentielle, législatives et provinciales, la situation sécuritaire dans la région reste « perturbée par des attaques multiples contre les forces gouvernementales », souligne la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), la plus importante au monde.

Dans les deux provinces frontalières de quatre pays (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie) et autant de lacs (Albert, Edouard, Kivu, Tanganyika), ce sont surtout les civils qui souffrent: prises d’otage, meurtres, pillages et incendies de villages.

Et parmi les civils, les femmes et les enfants sont encore victimes de viols et de mutilations. Citée dans la BD, la clinique du célèbre gynécologue congolais Denis Mukwege ne désemplit pas à Bukavu-Panzi (Sud-Kivu).

En outre, le pays est frappé par une épidémie d’Ebola. Déclarée depuis le 1er aout dernier, la dixième épidémie d’Ebola en RDC frappe le Nord de la province du Nord-Kivu et quelques localités de la province de l’Ituri.  L’épidémie a déjà fait  106 morts dont 74 parmi les 133 cas confirmés dans la région.

La riposte dirigée par le gouvernement et appuyée par l’OMS est confrontée « à des défis de taille » dans le territoire de Beni où des attaques récentes par des groupes armés ont entraîné une interruption des opérations pendant plusieurs jours. Le DG de l’OMS a indiqué que le deuxième obstacle à la riposte est la « méfiance au sein de certaines familles ».

Il urge donc pour la classe politique de mettre de côté leurs motivations personnelles pour trouver une solution définitive à ces deux problèmes. Le prochain président aura peut-être le prix Nobel de la paix s’il parvenait à fédérer ses compatriotes autour de cette optique.

 

Fallou Fall

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