Le président américain Donald Trump s’affichait confiant avant les élections de mi-mandat de mardi, qui détermineront la majorité au Congrès pour les deux dernières années de son mandat, les démocrates espérant prendre leur première revanche politique.

« Allez voter! », a lancé le chef républicain dimanche soir dans son quatrième rassemblement du week-end, à Chattanooga, dans le Tennessee. Il en fera trois autres lundi dans autant d’États du Midwest.

Multipliant les déplacements, comme à la fin de sa campagne victorieuse de 2016, Donald Trump a répété plusieurs fois qu’il sentait « de l’électricité dans l’air comme jamais depuis 2016 ».

À chaque étape, il a visiblement savouré ses retrouvailles avec ceux qui l’ont porté au pouvoir, qui sont venus par milliers l’écouter, pour des discours durant parfois près d’une heure et demie, avec l’avion présidentiel occupant régulièrement l’arrière-plan des rassemblements organisés dans des aéroports.

« On n’entend plus vraiment parler de la grande vague bleue », a-t-il dit dimanche soir, en parlant du raz de marée démocrate que certains sondages dessinaient il y a quelques mois. « Ils s’en sortiront peut-être bien, qui sait… »

Son vice-président, Mike Pence, s’est amusé à imaginer que la vague bleue s’écrase « contre un mur rouge », la couleur républicaine.

Après de nombreuses élections partielles et locales depuis l’élection de 2016, mardi sera le premier verdict national rendu par l’ensemble des Américains sur la présidence de Donald Trump.

« Ces républicains mentent de façon flagrante, répétée, audacieuse, éhontée. Ils inventent n’importe quoi », a lancé l’ancien président Barack Obama dimanche lors d’un rassemblement de soutien au candidat démocrate au Sénat dans l’Indiana.

« Contrairement à certaines personnes, je n’invente rien quand je parle, je parle sur la base de faits », a-t-il ironisé, sans jamais prononcer le nom de l’homme qui l’a remplacé dans le bureau ovale.

Il faut des conséquences quand les gens ne disent pas la vérité.

Barack Obama, ex-président des États-Unis
M. Obama a par ailleurs énuméré les « mensonges » républicains sur le système de santé ou encore les caravanes de migrants dénoncées par Donald Trump.

Jamais autant d’argent n’a été englouti dans des élections de mi-mandat, créant une avalanche de publicités à la télévision, la radio et sur Internet. Plus de cinq milliards de dollars auront été dépensés de part et d’autre pour influencer le vote des Américains, éclipsant de 35 % le précédent record pour des élections de mi-mandat, en 2014, selon le site spécialisé Opensecrets.org.

L’opposition sait que ce premier rendez-vous électoral national est souvent fatal au parti au pouvoir, et compte sur un vote-sanction accentué contre le président, décrit ouvertement par de nombreux élus et candidats comme menteur, fossoyeur du système de protection sociale et catalyseur de l’extrême droite.

Barack Obama en 2010, George W. Bush en 2006, Bill Clinton en 1994 et Ronald Reagan en 1986 ont chacun perdu leur majorité à la Chambre des représentants, la chambre basse du Congrès, dont les 435 sièges seront entièrement renouvelés pour deux ans.

La course est très différente entre les deux chambres du Congrès. À la Chambre des représentants, où les démocrates doivent ravir 23 sièges, les sondages donnent l’avantage aux démocrates à l’échelle nationale.

Une enquête publiée dimanche par le Washington Post et similaire à d’autres leur donne 50 % des intentions de vote contre 43 % pour les républicains. Le dernier sondage CBS prévoit comme scénario le plus probable une courte majorité démocrate. Mais impossible de prédire l’issue du vote dans la soixantaine de circonscriptions réellement disputées.

Au très puissant Sénat, où 35 sièges sur 100 sont en jeu pour des mandats de six ans, les républicains savent qu’ils ont l’avantage, car les scrutins ont surtout lieu dans des États conservateurs, hasard du calendrier.

Donald Trump a expliqué dimanche qu’une défaite à la Chambre s’expliquerait par le fait qu’il ne peut pas faire physiquement campagne avec chaque candidat. En revanche, « je peux aider les sénateurs, et je pense les avoir bien aidés, cinq, six ou sept d’entre eux ».

Les démocrates reconnaissent que la probabilité de reconquérir la chambre haute est faible. « C’est dur », a dit Claire McCaskill, sénatrice démocrate sortante du Missouri, un État qui a voté pour Donald Trump en 2016.

« Non seulement nous allons conserver la majorité, mais nous allons la renforcer », a assuré le sénateur républicain Thom Tillis sur Fox, dimanche.

Ce sera une grande soirée.

Les États-Unis pourraient donc se retrouver, le 3 janvier 2019, avec un 116e Congrès aux deux Chambres sous contrôle de partis opposés. Ce qui suffirait à mettre des bâtons dans les roues du 45e président des États-Unis, dont l’agenda législatif serait complètement bloqué pour les 22 mois précédant la prochaine élection présidentielle, en novembre 2020.

« Nous avons deux jours pour rééquilibrer le pouvoir, deux jours pour changer le Congrès, deux jours pour bloquer Trump, deux jours pour reprendre le contrôle de notre pays », a lancé dimanche un sénateur démocrate sortant dans le New Jersey, Bob Menendez.

Du Missouri à la Floride, en passant par la Géorgie et le Tennessee, Donald Trump demande à tous ceux qui ont voté pour lui il y a deux ans de recommencer.

Son message de fin de campagne est « très simple », comme il l’a dit samedi : prospérité et sécurité. Il affirme que son programme est en bonne voie de réalisation, et répète, à juste titre, que le chômage est au plus bas depuis un demi-siècle.

Quant aux démocrates, « ils appellent ouvertement des millions de clandestins à enfreindre nos lois, violer notre souveraineté, franchir nos frontières et détruire notre pays », a-t-il lancé samedi.

Les caravanes de migrants d’Amérique centrale qui traversent le Mexique pour atteindre les États-Unis sont au programme de chacun de ses rassemblements depuis des semaines.

Le dirigeant a ordonné le déploiement de milliers de soldats à la frontière, et la chaîne Fox News a diffusé dimanche des images de militaires installant des barbelés.

Côté démocrate, Barack Obama s’active pour mobiliser l’électorat démocrate. Il se rendra dans l’Indiana et à Chicago, dans l’Illinois, dimanche.

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