Une ONG nigériane appelle le Chef de l‘état nigérian à faire la lumière sur les dépenses militaires effectuées par le pays de 1998 à nos jours.

Comment sont exécutés les budgets du ministère nigérian de la défense ? C’est la principale question que se pose le Projet sur les droits socio-économiques et la redevabilité (SERAP).

Le destinataire du message de l’ONG, c’est bien Muhammadu Buhari. Le SERAP propose au Chef de l‘État nigérian de mettre en place une commission d’enquête dont la tâche essentielle serait de faire la traçabilité des dépenses militaires de 2009 à 2018.

Une décennie pendant laquelle le Nigeria paie un lourd tribut aux attaques et attentats-suicides de Boko Haram. Plus de 20 000 Nigérians (civils et militaires) ont déjà perdu la vie à cause de la secte islamiste.

À plus forte raison, les assauts contre les positions des forces armées se sont intensifiés en ce mois de novembre. À l’image de cette attaque contre le camp de Metele, dans l‘État de Borno, à l’extrême nord-est, à la frontière nigérienne. Un assaut qui a fait sept morts selon l’armée, dix-huit selon un soldat sous couvert d’anonymat et plus de cent d’après Boko Haram.

Et si l’armée éprouve autant de peine à venir à bout de Boko Haram, le SERAP estime que c’est en grande partie à cause de la « mauvaise gestion des fonds destinés à l’achat des armes pour lutter contre Boko Haram ».

L’ONG propose alors que les personnes impliquées dans cette mauvaise gestion soient traduites à la Cour pénale internationale (CPI).

La balle est désormais dans le camp de Buhari. Lui qui avait promis en 2015 d’en découdre avec la secte une fois élu président de la République. À l’orée de la présidentielle de février prochain, l’interpellation du SERAP pourrait être d’une portée électorale non moins importante pour le président sortant.