Pointe Noire, poumon économique du Congo, est aussi connu pour son brassage culturel.

Au quartier populaire de Fond Tié-Tié, vit un orchestre pas comme les autres : le Tempo Music, un groupe de jeunes artistes qui se caractérisent par l’originalité de leurs instruments exclusivement composés d’objets de récupération.

“On ramasse tout dans la poubelle, les pots de peinture, les couvercles, les sacs avec lesquels les femmes font le marché. On récupère aussi des objets en caoutchouc et avec tout ça, on fabrique nos instruments”, révèle Ange Gabriel Pasi, leader du groupe Tempo Music.

Une autre particularité du groupe : la batterie gérée par une fille, Michina qui se passionne pour cet instrument depuis ses 2 ans.

“Ma mère souhaite me voir continuer dans la musique, mais mon oncle s’y oppose. J’ai dit à papa, vous avez refusé que je joue au foot, laissez-moi faire la musique, c’est mon don. Vous savez que Werrason a commencé la musique aussi jeune que moi et il a grandi dans cet art.”

Un groupe en quête de soutien

Tous scolarisés, ces musiciens profitent des week-ends et des vacances scolaires pour vivre leur passion dans les principales artères de Pointe-Noire. Et grâce à leurs propres compositions ou des reprises de grands noms de la musique africaine, ils ont réussi à conquérir leur propre public.

“Ce sont des génies, parce qu’avec de petites choses, ils ont réussi à faire un orchestre pareil”, avoue Amadou Ndjim, un fan du groupe.

“Les Roga Roga ont commencé ainsi dans le quartier à Ouenzé. Donc ce sont les moyens qui manquent à ces enfants, ils progresseraient s’ils avaient les moyens”, affirme Joseph Makita un autre fan.

Et c’est justement le problème de ces jeunes qui ne gagnent qu’entre 8 000 et 15 000 francs CFA (environ 12 et 23 euros) par sortie voire 25 000 ( 38 euros) pour une invitation privée. Trop peu pour leurs ambitions.

“Notre groupe n’avance pas. On a commencé en 2011 à l’âge de 6 ans, nous voici en 2018, rien n’a évolué. On a besoin d’un soutien pour jouer sur de vrais instruments comme les occidentaux. On veut aussi être connu et voyager hors du pays”, espère Franky Maestro, un membre de Tempo Music.

Ces artistes en herbe ont déjà composé près d’une quinzaine de chansons. Ils rêvent désormais d’enregistrer un premier album et se lancer à la conquête du monde à l’instar des orchestres mythiques africains tels que le Wengue Musica de Werrason, le Quartier latin de Koffi Olomidé…

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