Les représentants de quelque 200 pays, sous pression de l’alerte rouge lancée par les scientifiques du Giec, ont entamé dimanche en Pologne deux semaines de négociations visant à donner du souffle à l’accord de Paris sur le climat.

La 24e Conférence de l’ONU sur le climat (COP24) s’est ouverte dimanche 2 décembre à Katowice, en Pologne, avec dans tous les esprits l’alerte rouge lancée récemment par les experts scientifiques du Giec.

Les 200 pays réunis pour tenter de mettre en orbite l’accord de Paris doivent « faire beaucoup plus » pour limiter les impacts sans précédent du dérèglement climatique, a plaidé l’ONU malgré des vents contraires peu propices à une réponse ambitieuse.

Désastres climatiques, incidence sur la santé ou les rendements agricoles, concentrations record de CO2 dans l’atmosphère… « Les impacts du changement climatique n’ont jamais été aussi graves », a martelé la responsable climat de l’ONU Patricia Espinosa.

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Avec l’accord de Paris en 2015, le monde s’est engagé à limiter la hausse de la température à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, et idéalement à +1,5°C. Et le récent rapport du Giec a souligné la différence « nette » des impacts entre ces deux objectifs, que ce soit sur les vagues de chaleur ou l’augmentation du niveau des mers.

Mais les engagements pris aujourd’hui par les signataires de Paris mèneraient à un monde à +3°C.

« Cette réalité nous dit que nous devons faire bien plus. La COP24 doit rendre ça possible », a plaidé Patricia Espinosa.

« Les étoiles ne sont plus alignées, manifestement »

Dans une déclaration inhabituelle, les présidents des quatre précédentes COP, dont le Français Laurent Fabius qui était à la manoeuvre en 2015 pour l’accord de Paris, ont également appelé la communauté internationale à envoyer un « message sans équivoque » sur ses ambitions. Tout retard dans l’action « rendra simplement plus difficile et plus coûteux de répondre au changement climatique ».

Les membres du G20, à l’exception des États-Unis, ont certes réaffirmé samedi leur soutien à l’accord de Paris. Mais « les étoiles ne sont plus alignées, manifestement », s’inquiète Seyni Nafo, porte-parole du groupe Afrique, en raison du contexte géopolitique.

Ainsi, Donald Trump a répété au G20, samedi en Argentine, son rejet de l’accord de Paris, et le futur président brésilien Jair Bolsonaro a également évoqué une sortie de son pays du pacte climatique.

Le sommet d’une journée lundi à Katowice, où seuls une vingtaine de dirigeants sont confirmés, dont les Premiers ministres néerlandais et espagnol ou les présidents du Nigeria et du Botswana, pourrait donner un signe des intentions du reste du monde.

Mais malgré le dialogue politique dit de « Talanoa » destiné à évoquer une hausse des ambitions, les observateurs craignent que la plupart des États, encouragés à réviser leurs engagements pour 2020, attendent un autre sommet convoqué par le secrétaire général de l’ONU en septembre 2019 à New York pour afficher leurs objectifs.

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