En Tunisie, un journaliste de 32 ans, Abdel Razzaq Zorgui, s’est immolé par le feu dans la nuit du 24 au 25 décembre. Il est mort après avoir dénoncé la pauvreté et la précarité dans lesquelles sont plongés ses compatriotes. Son geste a provoqué des violences avec les forces de l’ordre à Kasserine, dans le centre-ouest du pays.
Abdel Razzaq Zorgui, cameraman, photographe et père de famille de 32 ans avait prémédité sa mort. Sur les réseaux sociaux, il a publié une vidéo poignante, juste avant de s’imbiber d’essence et de passer à l’acte. Le trentenaire y dénonce les conditions de vie des habitants de sa région de Kasserine étouffée par le chômage de masse, « affamés et marginalisés », selon ses mots.

Après sa mort, des affrontements ont eu lieu entre manifestants et forces de l’ordre. Des violences se sont reproduites après son enterrement ce 25 décembre, quand des habitants ont jeté des pierres et brûlé des pneus, forçant la police à user de gaz lacrymogènes.

« Initier une révolution seul »

La révolution tunisienne est partie de cette région du centre-ouest, parmi les plus pauvres du pays, lorsqu’un vendeur ambulant s’est immolé par le feu. Dans la vidéo Facebook précédant sa mort, Abdel Razzaq appelle ses concitoyens à se révolter en lançant « Je vais initier une révolution seul », en référence directe à la révolte de décembre 2010 qui avait déclenché les printemps arabes.

Le pays fait actuellement face à une grave crise économique et sociale, marquée par un chômage au-dessus de 15%, une inflation à 8% et une chute du dinar, la devise nationale. En janvier dernier, la Tunisie a fait face à des scènes de violences et d’émeutes pendant lesquelles la population protestait contre le coût de la vie.

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