Addis-Abeba la capitale éthiopienne est en quête d’une modernité architecturale parfois au détriment de son héritage qui date de plusieurs siècles.

C’est un long et difficile combat qui se transforme aujourd’hui en une réalité quotidienne pour beaucoup d’autochtones comme Berhanu Mengistu, qui vit dans une maison de familiale construite il y a plus d’un siècle et qui surplombe la ville.

Elle se distingue face aux gratte-ciels scintillants, signes de la transformation fulgurante d’Addis-Abeba, siège des Institutions africaines.

Cette demeure palatiale a tant bien que mal survécu au temps alors que le quartier patricien auquel elle appartenait a inexorablement fait place à un amas d’abris de fortune.

“De nos jours, la plupart des constructions que vous voyez correspondent plus à de l’architecture européenne. La ville ne devrait pas négliger son histoire”, a déclaré Berhanu Mengistu, propriétaire d’une maison ancienne.

Dans le quartier, il ne reste que quelques maisons comme celle de Berhanu Mengistu, construites pour les courtisans et les nababs étrangers de l‘époque impériale. Négligées, elles sont souvent dans un état de décrépitude avancé.

Le boom économique de la capitale a conduit à l’égalisation des bidonvilles pour faire place à des tours en béton et en verre. Symboles du développement économique rapide du deuxième pays le plus peuplé du continent africain.

Fasil Giorghis est un architecte de renom originaire d’Addis-Abeba.

“Des efforts isolés sont réalisés pour protéger et sauver ces bâtiments historiques, mais cela reste très limité. La protection des bâtiments historiques n’est pas une évidence”.

Malheureusement, plusieurs personnes comme Tadesch vont devoir quitter leurs maisons qui seront remplacées par des immeubles modernes.

“Nous attendons que le gouvernement fasse une estimation de la maison et nous donne une compensation. J’aurais préféré rester ici, c’est la maison de mon père”, raconte-t-elle.

Plusieurs lieux anciens recensés

La capitale éthiopienne a été fondée au XIXe siècle par l’empereur Menelik II. À l’époque, des maisons comme celle de Berhanu sont construites pour des notables proches de l’empereur.

Les efforts du gouvernement ont été peu ressentis, seule une poignée de ces bâtiments historiques ayant été restaurés, parmi lesquels l’un des palais de Menelik et le domicile d’un ancien ministre de la Défense reconverti en musée.

“Notre capacité en tant que pays en développement ne nous permet pas de tout régler à tout moment”, explique Worku Mengesha, porte-parole de l’Office de tourisme d’Addis-Abeba.

Au total, le gouvernement éthiopien a recensé 440 lieux reconnus comme patrimoine historique. Problème : la plupart d’entre eux sont considérablement délabrés, faute d’entretien régulier.

Il y a trois ans, quand les autorités ont entrepris de raser le quartier de bicoques de fortune où est située la maison de M. Berhanu, ce dernier est parvenu à sauver sa maison en la faisant officiellement déclarer bâtiment historique.

Montrant un large portrait de son ancêtre Yemtu, il évoque son rêve de transformer en musée cette maison remplie de souvenirs du passé, tels des photos de famille ou encore une large peau de serpent décorant un mur.

Une maison qu’il rêve de transformer en musée rempli de souvenirs du passé.

AFP

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