Les jours du Franc CFA sont comptés. Vu la tournure des événements en début de l’année 2019, il est possible de tenir cette affirmation sans risque de se tromper. En effet, la fin de cette monnaie n’est plus une question qui préoccupe les Africains uniquement, mais elle divise aussi le monde occidental, jusqu’à même créer des tensions diplomatiques entre deux Etats européens (France et Italie).

Le débat sur le franc CFA a refait surface au mois de janvier 2019. Cette fois-ci l’élément déclencheur vient des autorités italiennes, qui pour trouver une solution au vague de migrants qui envahissent l’Europe, accusent la France du refus de décoloniser et de freiner le développement de quatorze pays africains. Le 20 janvier, Luigi Di Maio, vice-président du conseil italien déclare ceci : « A partir d’aujourd’hui, ceux qui veulent débarquer en Italie, on va les emmener à Marseille. Je vais demander des sanctions contre les pays qui colonisent l’Afrique. La France imprime le franc dans les colonies pour financer une partie de sa dette : pour laisser les Africains en Afrique, il suffirait que les Français restent chez eux. »

Pour les Français partisans de cette philosophie, le franc CFA offre plus d’avantages que d’inconvénients. Il offre une stabilité économique dans deux sous-régions africaines. Tout comme sa convertibilité fixe avec l’euro représente un atout significatif pour les échanges financiers de ces pays avec le monde. Cette monnaie ne servirait donc que les intérêts des Africains. Et elle est maintenue par la seule volonté des Africains eux-mêmes. Vu sous cet angle, la France officielle s’offusque lorsque des Africains dénoncent cette monnaie et osent l’accuser de « colonisateur » et d’« exploiteur » invétéré.

Du côté africain, les positions sont diverses et variées. Le président béninois Patrice Talon, le président sénégalais Maky Sall et le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara veulent le maintien du franc CFA. Le président Idriss Deby Itno du Tchad pense qu’il faut changer les règles de fonctionnement car le fait que des administrateurs français siègent dans les banques centrales africaines avec droit de véto est difficilement acceptable pour la souveraineté des Etats africains. Le président Roch Christian Kaboré du Burkina Faso, lui soutient ouvertement une monnaie africaine dans le cadre de la CEDEAO en lieu et place du CFA. D’autres chefs d’Etats plus méfiants ont préféré garder le silence.

Contrairement à leurs dirigeants, le débat est porté avec virulence par la société civile africaine et des universitaires qui réclament l’abandon imminent du F CFA qui, selon eux, symbolise une servitude vis-à-vis de la France. Etablie en 1945, une quinzaine d’années avant l’indépendance des colonies françaises, cette monnaie est toujours en circulation. Sa valeur est aujourd’hui indexée sur l’euro (1 euro = 655,96 francs CFA) ce qui maintient les économies africaines dans la dépendance de la politique monétaire européenne. Cette monnaie est imprimée à Chamalières, dans le centre de la France.

Avec tous ces arguments évoqués d’un côté comme de l’autre, la France et les Etats Africains n’ont aucune autre solution que de déclarer la mort du F CFA. Maintenant, la question est de savoir comment.

Fallou Fall pour vonews.net

 

 

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