En Zambie et en Ouganda voisine, la boisson énergisante Natural Power SX est au cœur d’un scandale qui a même atteint la sphère politique. Soupçonné de contenir d’importantes doses de la molécule servant à fabriquer du viagra, la boisson a été retirée du marché, non sans créer des remous.

À son lancement, la boisson Natural Power SX commercialisée par la marque Revin Zambia Limited depuis un an à peine promettait « une haute énergie, une augmentation de la libido, une performance stimulée » à ses consommateurs dont l‘âge devrait excéder au moins les 18 ans. Mais il semble que celle qu’on surnomme en Zambie « sept heures » soit allée au-delà de ses promesses.

Début janvier, un consommateur en Ouganda – où la boisson est également vendue – s’est plaint de terribles palpitations cardiaques, des sueurs froides et une érection prolongée inquiétante de six heures. L’Autorité ougandaise du médicament (UNDA) est automatiquement saisie à des fins d’enquête.

À l’issue de ses analyses, l’institution conclut que le liquide contient de fortes doses de la molécule servant à produire le Viagra, le sildenafil. C’est sans compter avec des extraits naturels de gingembre et de tongkat ali, deux substances aphrodisiaques reconnues et indiquées sur les étiquettes. Les conclusions de l’enquête transmises à la Zambie, la Société pharmaceutique locale s’est indigné de la présence de la molécule : “Imaginez-vous les conséquences si une personne consomme plus d’une bouteille par jour ? Pour nous, cela ne peut pas être une coïncidence, mais une pratique commerciale immorale bien calculée”, a-t-elle déploré dans un communiqué.

Soupçons de “complot”

Si la société productrice dit n’avoir jamais eu de problème en Zambie depuis le lancement de son produit, elle devra désormais œuvrer pour redorer son blason car le Natural Power SX a été retiré de la vente. Pour les employés, tout comme certains politiciens zambiens, les charges portées contre le Natural Power SX s’apparentent à un « complot » mené par des entreprises concurrentes. « Où étaient l’organisme zambien de certification, dont le logo apparaît sur la bouteille, et le régulateur zambien des médicaments, tout ce temps où le Natural Power SX était sur le marché et certifié comme propre à la consommation ? », s’est notamment interrogé le député zambien Josam Mwale.

De fait, des fuites de documents ont révélé que le régulateur zambien des médicaments était informé des doses irrégulières du citrate de sildénafil dans la boisson incriminée, depuis décembre 2018. Mais l’enquête en cours devrait permettre d‘élucider ce chapitre.

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