En Algérie, le Premier ministre Noureddine Bedoui peine à trouver de “nouvelles têtes” pour son prochain gouvernement. Nombre de candidats approchés préfèrent garder leurs distances avec le régime honni.

Qui pour constituer le futur gouvernement en Algérie ? C’est à cette équation qu’est confrontré Noureddine Bedoui, le nouveau Premier ministre algérien. Nommé la semaine dernière en remplacement de l’impopulaire Ahmed Ouyahia, M. Bedoui avait promis qu’il nommerait, dans les plus brefs délais, un nouveau gouvernement de technocrates parmi les “jeunes compétences, hommes et femmes” de l’Algérie.

Sauf que, dans la pratique, les choses sont moins aisées. Les consultations se soldent par des échecs. Meziane Meriane, une dirigeante syndicale du secteur de l’éducation, a par exemple refusé de participer à une réunion avec la militante pro-Bouteflika, estimant que ses délégués refusaient de faire partie d’un gouvernement “condamné par le peuple”.

“Nous sommes dans la rue pour demander un changement, mais ce Premier ministre qui était ministre de l’Intérieur dans le gouvernement sortant ne correspond pas au changement demandé par le peuple”, a déclaré Meriane lundi.

Gouvernement de courte durée

En effet, la tâche est d’autant plus immense pour l’exécutif algérien qu’il faut rompre avec les pratiques du passé, en misant notamment sur des figures neutres ou dans l’idéal, issues de la contestation. Toutefois, qu’est-ce qu’un “jeune technocrate” aurait à gagner en se commettant avec un pouvoir désavoué, au sein d’un gouvernement dont la durée de vie sera “courte”, selon l’aveu même du Premier ministre ?

Le chef du syndicat des médecins d’Etat, Lyes Merabet, a également refusé une réunion sur les discussions relatives à la création du nouveau gouvernement.

Depuis le 22 février, les Algériens défilent dans les grandes villes du pays puis désormais en France pour exiger le départ du président Abdelaziz Bouteflika, aux affaires depuis 1999. Face à la pression de la rue, ce dernier a concédé le 11 mars sa participation à un cinquième mandat, mais a reporté sine die la présidentielle du 28 avril, le maintenant de facto au pouvoir.

Les manifestations ont dès lors persisté et se sont même amplifiées avec pour seul mot d’ordre, le départ du président Bouteflika et de son régime. Ce lundi, dans une adresse à l’occasion de la fête de la Victoire (19 mars 1962) sur le colonisateur français, le chef de l’Etat algérien a confirmé son maintien à la tête du pays tout en annonçant la tenue prochaine d’un référendum constitutionnel à l’issue d’une Conférence nationale annoncée depuis le 11 mars.

avec africanews

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