En République démocratique du Congo, la présidence a confirmé la tenue d’élections législatives ce dimanche 31 mars dans les circonscriptions de Beni, Butembo et Yumbi. Dans ces trois circonscriptions, le scrutin de décembre avait été reporté en raison de l’épidémie d’Ebola et des massacres qui ont eu lieu à Yumbi en décembre et qui ont fait plus de 500 morts. Le président Tshisekedi a assuré que toutes les mesures sanitaires et sécuritaires ont été prises.

Concernant Yumbi, cette semaine les Nations unies ont estimé que tenir les élections dans cette circonscription dans les circonstances actuelles était compliqué. Selon l’ONU, environ 20 000 personnes sont toujours déplacés.

Pour le père Jean-Pierre Mangulu, prêtre à Yumbi, il n’est pas réaliste d’organiser un scrutin à Yumbi ce weekend. « On avait déjà dit à la délégation de la Céni que ce n’est pas possible de réaliser les élections maintenant. Il y a beaucoup de personnes qui sont encore dans les campements et le taux de participation va être faible. Depuis le 16 décembre, toute la population avait pris refuge dans les îles et en face, au Congo Brazza ».

Ceux qui sont rentrés au village sont très peu nombreux par rapport à ceux qui sont restés dans leur refuge, poursuit le prêtre, joint par téléphone. « S’il arrivait qu’on passe aux urnes dans ces conditions-là, ce ne sera pas bien parce que ça va défavoriser le groupe victime de la guerre. Et puis, s’il arrivait que le résultat est défavorable pour leur camp, ça va encore susciter des tensions ».

Les territoires de beni et Butembo aussi appelés aux urnes

En RDC, dans le territoire et la ville Beni, ainsi que dans la ville de Butembo dans le Nord-Kivu, les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales n’ont pas été organisée le 31 décembre dernier. La CENI avait avancé comme argument pour ce report l’épidémie d’ebola, présente dans la région.

Les électeurs de Beni et Butembo, supposés favorable à Martin Fayulu, n’auront donc pas été consultés pour la présidentielle. Mais ce dimanche, ils sont appelés à voter pour les législatives. Nombre d’entre eux se disent prêts à se rendre aux urnes, sans avoir peur ni d’ebola, ni des ADF, les miliciens armés à qui sont attribués de nombreux massacres dans le secteur. On écoute quelques témoignages, recueillis sur place.

« Aujourd’hui, comme Congolais, je dois aller voter et je remercie notre gouvernement de nous donner, aussi, l’occasion de voter », nous assure un électeur. « Aujourd’hui, c’est nous tous qui allons voter », renchérit un autre, interrogé par RFI, et qui s’apprête à prendre un taxi pour aller choisir son député national. « Nous nous sommes mobilisés en famille. On va amener tout le monde. Même nos vieilles dames, nos mamans… En famille, nous irons tous voter ce matin ». Et cet électeur revient sur l’argument de l’épidémie d’Ebola invoqué par le pouvoir pour reporter le scrutin en décembre: «… la problématique dans la zone, Ebola… nous comprenons que c’est une manière pour le gouvernement de vouloir nous priver des élections présidentielles. C’est surtout l’aspect présidentiel qui comptait, parce que la zone ne devait voter que Fayulu, vous le savez ».

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