Au Sénégal, le jeune Saër Kébé a été finalement condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis mercredi 10 avril. Une condamnation vue comme un acquittement : le jeune homme était poursuivi pour le très grave délit d’apologie du terrorisme 

Le jeune homme était en détention préventive depuis quatre ans notamment pour «apologie du terrorisme » à la suite d’une publication sur Facebook. Il est sorti de prison dans la soirée.

Mercredi matin, la chambre criminelle a balayé les soupçons de terrorisme retenus contre Saër Kébé. Lui n’a pas souhaité parler, pour le moment. Mais son avocat Me Moussa Sarr l’a fait à sa place.

Il est simplement condamné pour des « menaces » à la suite de sa publication sur la page Facebook de l’ambassade des Etats-Unis. Une satisfaction teintée d’amertume pour son avocat Me Moussa Sarr .

« Aujourd’hui, si M. Saer Kébé n’avait pas été détenu pendant quatre ans, il aurait déjà obtenu son Master, rappelle-t-il. D’autant plus que c’est un garçon brillant. »

D’après lui, la lutte actuelle contre le terrorisme engendre les longues détentions provisoires.

« Lutter contre le terrorisme ne doit pas être une raison pour violer systématiquement les droits des citoyens, souligne-t-il. Beaucoup de dossiers qui arrivent devant les chambres criminelles au Sénégal pour fait det errorisme devraient normalement relever des renseignements et non du traitement judiciaire. Nous estimons que cela est admissible et nous estimons que cela doit être le nouveau chantier du gouvernement, et plus particulièrement du ministre de la Justice. Il faut qu’on travaille pour légiférer sur les détentions provisoires afin que nos textes ou nos réalités judiciaires correspondent aux standards internationaux. »

Le nouveau ministre de la Justice Malick Sall a promis de remettre « de l’ordre » au sein du système judiciaire. Au Sénégal, près d’un détenu sur deux est en détention provisoire sans avoir été jugé.

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