Trois semaines après le massacre de quelque 160 habitants d’un village peul du centre du Mali par des chasseurs dogons présumés, des jeunes de ces deux communautés se sont engagés samedi à la “réconciliation et la paix”, lors d’une conférence de presse conjointe à Bamako.

Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé des “groupes d’autodéfense”.

L’attaque du village peul d’Ogossagou le 23 mars a été imputée à des chasseurs dogons et le gouvernement a prononcé le 24 mars la dissolution de l’association de chasseurs “Dan Nan Ambassagou”, qui a démenti toute implication dans la tuerie.

“Nous lançons un appel au calme, à la réconciliation. Nous sommes tous Maliens. Nous avons organisé cette conférence de presse pour expliquer que les jeunes des deux communautés sont décidés à aller sur le terrain pour prôner la paix”, a déclaré Boukari Guindo, membre de la section jeunes de l’association Ginna Dogon, qui promeut la culture dogon, lors de la conférence de presse.

“Les récents événements malheureux survenus interpellent chacun de nous et nous poussent à transcender nos égos”, a ajouté Dramane Yalcouyé, un responsable de Ginna Dogon.

“Quant aux deux bureaux de la jeunesse, nous nous engageons désormais à mettre un cadre franc d‘échanges de dialogue et d’activités pour qu’ensemble, nous puissions apporter notre humble apport à la construction de l‘édifice commun”, a déclaré Michael Barry, membre de la jeunesse de Tabital Pulaaku, influente association de Peuls du Mali.

Mais “il faut désarmer les milices qui sèment la terreur au centre du Mali. C’est très important si nous voulons un retour de la paix”, a-t-il insisté.

Il a également appelé à “une enquête (sur la tuerie d’Ogossagou). On ne peut pas parler de réconciliation sans justice. Il faut que les coupables soient identifiés et jugés”. Des intervenants ont appelé à “la nécessité” de “ne pas faire des amalgames, en considérant que tous les Peuls sont des jihadistes”.

La tuerie d’Ogassogou est l’attaque la plus meurtrière au Mali depuis la fin des principaux combats de l’opération lancée en 2013, à l’initiative de la France, pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays.

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