Le gouvernement burkinabé confirme que l’ex-président Blaise Compaoré a envoyé une correspondance au Chef de l’Etat Roch Marc Christian Kaboré. L’information est contenue dans un communiqué signé du porte-parole du gouvernement Remis Fulgance Dandjinou.

Dans cette correspondance, Blaise Compaoré qui vit en exil en Côte d’Ivoire évoque sa disponibilité à soutenir le pouvoir à Ouagadougou dans sa lutte contre le terrorisme.  Le gouvernement dit en avoir pris acte.

Et pourtant, cette réaction n’est ni plus ni moins qu’une formalité courtoise d’échanges entre deux présidents. L’un en exercice et l’autre en exil en Côte d’Ivoire accusé d’être le bras armé des terroristes comme l’a affirmé sur les ondes de la DW, Roch Marc Christian Kaboré au cours d’un entretien en février dernier :

« A peine nous avons mis le 12 janvier le gouvernement en place que le 15 nous avions le premier attentat au Burkina Faso. Il n’y avait rien qui présageait de cela et depuis lors, nous sommes dans une activité antiterroriste dont l’objectif est de nous empêcher de travailler. »

Démarche sincère ?

La lettre de Blaise Compaoré à Roch Marc Christian Kaboré est plutôt bien accueillie par les adeptes d’une réconciliation des braves dans la lutte contre le terrorisme. Par contre des réserves sont émises au sujet de la sincérité de la démarche de l’ex-président :

« Ce qui arrive actuellement n’est que la conséquence de certains actes posés de par le passé. Donc s’il aime vraiment son pays comme il le dit, il peut réunir les acteurs où qu’ils soient et pouvoir gérer la situation à ce que le Burkina se porte bien. Mon souhait c’est que ça soit réellement sincère et non pour des besoins de communiqués publics pour se positionner au sein de l’opinion. »

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: Former President Blaise Compaore sent a letter to current President Roch Kabore, calls for national reconciliation (affirms his availability to support such initiatives), offers condolences to victims of terrorism, and expresses solidarity with the Burkinabe people

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Au sein de l’opinion, le souvenir des heures sombres de l’ère Compaoré reste encore vivace.

De l’avis de l’activiste Smockey, cofondateur du Balai Citoyen, la justice reste un préalable à toute décision au sujet des initiatives de Blaise Compaoré :

« Il est de bon ton de se mettre déjà à la disposition de la justice burkinabè étant donné qu’il est lui-même visé par un mandat d’arrêt international. Sachant les liens qu’il a avec certains de nos agresseurs, aucun deal mafieux monté sur le dos du peuple burkinabé consistant à dresser un blanc-seing à monsieur Compaoré au sujet de ses crimes ne passera. »

Concernant la sincérité de Blaise Compaoré à aider le régime au pouvoir à endiguer le terrorisme, l’opinion publique reste divisée.  Son retour au Faso doit être conditionné à un procès équitable devant les juridictions compétentes, selon la plupart des personnes interrogées.

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