Mohamed Djemai a été élu mardi 30 avril au poste de secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), lors d’une session extraordinaire du 10e congrès du comité central. Une issue loin de faire l’unanimité dans les rangs du vieux parti.

Un mois après la chute d’Abdelaziz Bouteflika, Mohamed Djemai a été élu à la tête du FLN. Ancien président du groupe parlementaire à l’Assemblée populaire nationale (APN) et député pendant dix-sept ans, le nouveau Secrétaire général (SG) du parti a recueilli 223 voix, devançant largement le favori Djamel Benhamouda (125 voix) et l’ancien président de l’APN Saïd Bouhadja (35 voix). Mohamed Djemai remplace ainsi Djamel Ould Abbès, qui avait démissionné en novembre.

Aussitôt élu à la tête du FLN, Mohamed Djemai est déjà contesté. Le coordinateur du « mouvement de redressement » Abdelkrim Abada définit le résultat du scrutin comme une « véritable catastrophe pour le parti » et se dit « encore sous le choc ». Dans une déclaration au site d’information algérien TSA, l’ancien dirigeant n’a pas hésité à dénoncer une « mafia qui s’est emparée de la formation ».

« Ceci est le résultat de la politique de [l’ex-secrétaire général Amar] Saadani et de [son prédécesseur Abdelaziz] Belkhadem », a ajouté Abdelkrim Abada. Ce samedi 27 avril, ce dernier a violemment chargé l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, l’accusant d’avoir « mené le FLN à sa perte. Il s’est vengé du parti parce que nous l’avons exclu en 1980. Voilà comment on en est arrivés là », a-t-il déclaré. Le directoire du parti, conduit par le coordinateur général et président de l’Assemblée Mouad Bouchareb, se réunira vendredi.

Un « nouveau départ » ?

Politicien expérimenté, Mohamed Djemai (50 ans) est également un puissant homme d’affaires. Député de Tébessa, il est membre de l’une des plus influentes familles de l’est du pays. Ses frères Brahim et Salah sont à la tête de plusieurs entreprises, dont la société algérienne Essalem Electronics. Son élection a été fortement critiquée aussi bien au sein du comité central que sur les réseaux sociaux, où les internautes l’accusent de n’être que « le symbole de l’arrivée de la chkara⁣ [argent suspect] en politique ».

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