L’ex-président Omar el-Béchir doit être interrogé sur des affaires de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. C’est du moins ce qu’affirme l’agence de presse officielle soudanaise. L’interrogatoire a été ordonné par le procureur général du Soudan. Le Conseil militaire de transition a assuré le mois dernier que l’équivalent de 113 millions de dollars avait été trouvé, en liquide, à la résidence d’Omar el-Béchir.

De prime abord, un interrogatoire d’Omar el-Béchir serait une victoire pour le mouvement de contestation qui l’a renversé. Dans les rues de Khartoum, les slogans dénoncent souvent « ceux qui ont volé notre sueur ».

Mais la question de la corruption au Soudan, l’un des pays les plus corrompus au monde selon Transparency International, pose plus largement la question des relations entre le Soudan et les États-Unis. Car Washington pousse Khartoum à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme depuis plusieurs années.

Le manque de progrès dans ce domaine est même l’une des raisons pourquoi le département d’État maintient le Soudan sur sa liste de pays qui soutiennent le terrorisme.

Pour The Sentry, une ONG américaine, « la corruption systématique et une kleptocratie bien enracinée » ont empêché le Soudan de lutter contre le blanchiment d’argent jusqu’à maintenant. L’ex-président y était pour quelque chose. Lorsque le Parlement soudanais s’est prononcé en faveur de la création d’une commission anti-corruption, en 2015, Omar el-Béchir a refusé de donner son feu vert…

L’interrogatoire de l’ex-chef d’État pourrait donc débloquer la situation, à Khartoum, et favoriser un rapprochement avec les États-Unis.

Une délégation soudanaise est déjà attendue à Washington pour discuter du retrait du Soudan sur la liste des pays soutiens du terrorisme. Pour les États-Unis, il s’agit désormais d’une « demande légitime ».

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