Des membres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ont du mal à s’accorder sur le « camarade » qui devrait être désigné président intérimaire, en raison de l’indisponibilité du président devenu chef de l‘État.

L’affaire continue de défrayer la chronique à l’intérieur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). L’affaire, ce sont les actes de vandalisme posés le 8 mai dernier dans la résidence d‘Étienne Tshisekedi, fondateur du parti, décédé en 2018.

« La résidence de feu Étienne Tshisekedi demeure le symbole de notre lutte, le temple mythique de la démocratie et lieu sacré de notre résistance politique. Le drame observé le 8 mai constitue un véritable crime de lèse-majesté, en même temps qu’un acte de haute trahison vis-à-vis de toutes les victimes et de tous les martyrs de la démocratie pour la libération du peuple congolais », a déploré mercredi 15 mai, Paul Kapita, un membre du parti.

Pour Kapita, le parti devrait mettre en place « une commission ad hoc pour rétablir les responsabilités des uns et des autres dans l’intérêt supérieur de l’UDPS ».

Combinés aux bagarres qu’il y a eu le même jour entre militants de l’UDPS, ces actes de vandalisme, cachent mal le malaise profond qui rythme ces derniers temps la vie de l’UDPS. Tant le torchon brûle entre des fidèles de Jean Marc Kabund-A-Kabund et ceux de Jacquemin Shabani, respectivement président par intérim et responsable des questions électorales au sein de l’UDPS.

Le président ou les textes ?

Selon les partisans de Shabani, le secrétaire général Kabund-A-Kabund, ne mérite pas d’assurer l’intérim au poste de la présidence du parti. Et cette frange évoque les textes régissant le fonctionnement de l’UDPS.

« En cas de décès, de démission, d’empêchement définitif, expiration de mandat ou interdiction d’exercer du président du parti, un directoire composé du président en exercice de la Convention Démocratique du Parti (CDP), du secrétaire général du parti et du président de la Commission électorale permanente (CEP), assume son intérim pour un délai ne dépassant pas 30 jours au cours duquel il est tenu de convoquer une session extraordinaire du congrès », peut-on lire à l’article 26 des statuts de l’UDPS.

Argument balayé par le camp Kabund-A-Kabund qui rappelle qu‘à l‘époque où le président-fondateur du parti se trouvait en Europe pour des raisons médicales, l’intérim n‘était pas assuré par le directoire, plutôt par le secrétaire général.

Désormais au-dessus de la mêlée en tant que chef de l‘État, le président du parti Félix Tshisekedi semble avoir du mal à départager les deux camps. Et pourtant, c’est bien lui-même qui avait nommé Kabund-A-Kabund à ce poste de président par intérim de l’UDPS. « Jean-Marc Kabund va user de toutes les prérogatives reconnues au président du parti », instruisait Tshisekedi dans une lettre rendue publique en fin janvier dernier au lendemain de son investiture en tant que président de la République.

Voilà qui va plonger l’UDPS dans une question fort délicate. Celle de savoir si la note du président prime sur les textes en vigueur dans un parti.

 

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