Il y a deux ans au Sénégal, Hissène Habré était condamné en appel à la prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité. Le tribunal avait également condamné l’ex-président tchadien à verser plus de 80 milliards de francs CFA, soit 150 millions de dollars, aux victimes et aux familles des disparus. Si le fonds chargé de ces indemnisations a bien été créé en février 2018, depuis aucun franc n’a été versé.

Le nombre de victimes identifiées suite aux procès d’Hissène Habré se monte à 7 400. Le tribunal leur a alloué 20 millions de francs CFA chacune, soit 30 000 euros.

Assane Dioma Ndiaye est l’un des avocats de ces victimes. Il s‘inquiète de l’inaction de l’Union africaine et des États chargés de gérer le fonds d’indemnisation : « Jusqu’à ce jour, l’Union africaine n’arrive pas à faire fonctionner ce fonds. Les pays membres du comité de pilotage qui s’étaient battus pour la tenue de ce procès semblent également se désengager. Donc aujourd’hui, c’est un véritable cri du cœur des victimes que nous répercutons en espérant qu’on ira très vite vers au moins une avance d’indemnisation pour ces milliers de victimes, et qui continuent à disparaître malheureusement. »

Si la condamnation d’Hissène Habré à la prison à perpétuité a été une première étape pour les victimes, les associations de défense des droits de l’homme estiment que les compensations financières sont essentielles pour se reconstruire, notamment pour se soigner.

« Les versements des dommages et intérêts aux victimes sont essentiels, estime Seydi Gassama, directeur d’Amnesty International au Sénégal. Ces dommages ont été accordés par le tribunal. Tant qu’ils n’auront pas reçu leur indemnisation, on ne peut pas dire que justice a été faite. »

Avec cet appel, associations de défense des droits de l’homme et avocats des victimes d’Hissène Habré espèrent mettre les acteurs politiques face à leur responsabilité.

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