500 tonnes de déchets toxiques des Industries Chimiques du Sénégal prêts à s’écouler lentement dans la nature.

Et c’est seulement maintenant que l’Etat constate que le Sénégal n’est pas outillé pour traiter ses propres déchets.

Ci-gît le principe de précaution

Et, on a rien inventé. C’est le tout nouveau ministre de l’environnement Abdou Karim Sall qui lâche la bombe.

On a d’abord pensé à un coup de comm d’un ministre qui cherche son « buzz » pour attirer la lumière à lui dans un ministère qui n’est pas souvent au 1er niveau des préoccupations des sénégalais. Mais ca, c’est une erreur de notre société : elle devrait s’intéresser un peu plus à l’environnement, au concept de développement durable qui est au début et à la fin de tout. Véritablement !

Je disais, simple coup de comm, puisque la tournée du ministre de l’environnement est à ranger dans le registre des prises de contact avec les services relevant de son département. Tous ses collègues le font, et on perd toujours un bon mois dans ce rituel à la mise en place de chaque gouvernement.

Mais il est quand même inhabituel que la tournée des copains soulève un si gros lièvre. Et pour le coup, c’est carrément sortir les cadavres du placard.

D’abord, une certitude : la sortie du ministre de l’environnement découle bien d’une stratégie murement réfléchie. Il n’est vraiment pas allé par hasard visité les caves des ICS, mais c’est très bien qu’il en soit ainsi et ca nous change réellement d’une simple virée chez les amis où finalement tout va bien et on promet de revenir avec biscuits et bonbons pour rendre la courtoisie de l’accueil.

De deux choses l’une :

*Ou le ministre savait et mesure réellement le danger parce que quelqu’un lui a soufflé dans l’oreille et que Abdou Karim Sall ne veut surtout pas être le ministre de l’environnement sous lequel la catastrophe écologique va exploser. Son objectif est de nous dire, voyez je viens d’arriver et c’était là avant moi.

*Ou alors le ministre met la pression sur celui qui l’a nommé pour lui venir en aide. Si vous lui connaissez une telle témérité, dites-moi. J’en doute.

La constante et c’est ca qui est grave dans cette affaire : 500 tonnes de déchets toxiques sont là, même pas conservés, même pas bien gardés puisque les contenants sont déjà rouillés et laissent échapper du liquide et que manifestement le pays, n’est pas outillé pour traiter ses propres déchets. Toxiques, de surcroit.

Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu pour mériter de finir comme ça. J’aurais choisi une meilleure fin du monde pour nous tous. C’est vrai qu’on étouffe de pollution à Dakar, qu’on suffoque dans la circulation, qu’on se sente à l’étroit dans l’encombrement et l’anarchie en tout genre, mais c’est encore un coin de paradis, ordonné dans son désordre.

Mais alors 500 Tonnes de déchets toxiques, personne ne va y échapper.

On va tous choper un cancer, faire des enfants atteints d’une malformation puisque dans un moindre mal on va manger des produits de la terre contaminé, utiliser de l’eau qui va empoisonner notre système, respirer des particules toxiques et ne plus respirer sainement jusqu’au dernier souffle.

Mais que fait-on du principe de précaution ?

Pendant qu’on a sous les bras 500 tonnes de déchets toxiques, sans savoir quoi en faire, l’usine tourne à plein régime et produit encore des déchets. Et bientôt, 1000 tonnes. On ne saura toujours pas quoi en faire.

Quelqu’un doit nous expliquer pourquoi on ne maitrise pas la chaine du début à la fin. Et je pose la question : que découvrirons-nous dans 10, 15, 20 ans que les industries pétrolières, gazières et minières aussi leurs déchets non traités.

Mon Dieu, épargnez nos côtes d’une marée noire, on ne saura pas comment nettoyer l’océan.  Les autres ont même dépassé le simple principe de précaution et ont inventé le nouveau principe de l’innovation pour être avant-gardiste et nous on est toujours dans nos ténèbres du principe de Yalla baakhna, Dieu est Grand, Allah notre sauveur. Incha’allah !

Incha’allah . . . De toutes façons, il ne nous reste que ca.

PAR ABDOULAYE CISSÉ

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