La Tanzanie a décidé d’interdire l’importation, la production, la vente et l’usage des sacs en plastique. Avec cette loi entrant en vigueur le 1er juin, elle devient ainsi le 34e pays africain à suivre la voie de plusieurs de ses voisins pour tenter d’enrayer la pollution sur le continent.

Le 1er juin 2019 marquera la fin des sacs en plastique en Tanzanie. Le pays a en effet décidé d’interdire l’importation, la production, la vente et l’usage de ces sacs, afin de lutter contre la pollution sur le continent. « Laissez-moi être bien claire là-dessus : après le 1er juin, le gouvernement n’entend pas ajouter le moindre jour et il ne permettra pas que quiconque les utilise. Aucun sac en plastique ne sera autorisé dans le pays », avait déclaré en avril dernier Samia Suluhu Hassan, la vice-présidente de la Tanzanie, en annonçant cette réglementation.

Les autorités tanzaniennes ont également diffusé une notice à l’intention des touristes, spécifiant qu’ils devront « se débarrasser » de leurs sacs en plastique avant d’entrer dans le pays. « Le gouvernement espère que, conscients de l’impératif de protéger l’environnement et de conserver notre pays propre et beau, nos visiteurs accepteront quelques désagréments mineurs avec l’interdiction des sacs en plastique », indique ce texte.

Selon les médias locaux, toute personne soupçonnée de produire ou d’importer des sacs ou des emballages en plastique encourt une amende d’un milliard de shillings tanzaniens (390 000 euros) ou une peine de prison de deux ans maximum. La possession et l’utilisation de sacs en plastique peuvent déboucher sur une amende de 87 dollars et/ou une peine d’emprisonnement de sept jours.

34 pays africains

L’initiative a vivement été félicitée par la directrice par intérim du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Joyce Msuya : « Il est extrêmement important que les interdictions s’accompagnent d’efforts pour identifier des alternatives efficaces à l’usage unique des plastiques », a-t-elle souligné.

Dans le monde, 127 pays disposent déjà d’une législation régissant d’une manière ou d’une autre l’usage des sacs en plastique, selon le PNUE. Parmi eux, 91 pays, dont 34 en Afrique et 29 en Europe, en interdisent ou limitent la production, l’importation ou la distribution commerciale.

Une application difficile

Le degré de succès de ce type de mesures varie néanmoins selon les pays, a précisé Patrick Mwesigye, chargé de programme régional au PNUE. Le Rwanda, où les sacs en plastique sont bannis depuis plus d’une décennie, est considéré comme l’une des plus grandes réussites. « Mais le Rwanda avait l’avantage qu’on n’y fabriquait pas beaucoup de plastique », quand l’interdiction est entrée en vigueur, souligne Patrick Mwesigye. Les pays disposant d’industries de fabrication ou d’importation du plastique ont eu plus de mal à mettre en oeuvre ces mesures, car elles ont de fortes répercussions sur l’emploi.

« Au Kenya (…), ça a très bien marché. Malgré tout, vous avez encore du plastique qui entre clandestinement depuis les pays voisins », comme l’Ouganda, ajoute-t-il. L’interdiction au Kenya, entrée en vigueur en 2017, imposait des sanctions particulièrement sévères, avec des amendes pouvant atteindre 38 000 dollars (34 000 euros) et des peines d’emprisonnement allant jusqu’à quatre ans pour l’utilisation des sacs en plastique. Mais dans la réalité, si de nombreuses personnes ont été arrêtées au Kenya, très peu sont ceux qui se sont vu recevoir des amendes ou infligés des peines de prison.

Près de 300 millions de tonnes de plastique sont produites annuellement dans le monde, et 5 000 milliards de pièces de plastique flottent dans les océans, ont estimé des scientifiques.

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