Au Nigeria, un chirurgien en service au nord du pays a été mis aux arrêts jeudi, annonce la police qui lui est reproché d’avoir causé le décès de 15 patients.

« La mère de mon amie est morte après avoir une intervention chirurgicale pratiquée le mois dernier par ce médecin », se souvient une femme. « Ce médecin a opéré mon père en août 2017 et, malheureusement, il est décédé le lendemain matin », se rappelle également Danladi Muhammad, un homme d’une trentaine d’années.

Dans tout l‘État d’Adamawa au nord-est du Nigeria, ce nom est en ce moment synonyme de crime médico-chirurgical. Et c’est aussi l’intime conviction de l’administration locale. « Il a tué 15 personnes, dans notre État », a témoigné Ahmadu Fintiri, gouverneur de l’Adamawa.

La police qui l’a arrêté jeudi à Yola, capitale de l’Adamawa, s’est rendu compte que c‘était un « faux » chirurgien qui avait été recruté à la Fonction publique sur la base de diplômes falsifiés.

Pourtant depuis son affectation en 2016, les populations disent avoir identifié des pratiques « extra scientifiques, contraires à la déontologie et à l‘éthique qui sont celles du personnel de santé », a confié à la presse locale, Buba Muhammad, un habitant de Mayo-Belwa, une localité de l’Adamawa.

Les autorités insensibles ?
Malheureusement, « nos alertes adressées aux responsables locaux sont restées lettre morte », déplore Danladi Muhammad. « Et nous punir, l’administration a transféré le toubib dans une autre localité. Mais, aujourd’hui, on n’a pas de médecin », poursuit-il.

Les autorités locales de leur côté ont déclaré « n’avoir pas fait attention » et promis un châtiment « exemplaire ». Le médecin sera jugé pour « homicide volontaire, homicide involontaire et vol de biens publics ». Des infractions passibles de lourdes sanctions dont la prison ferme.

Entre temps, « de nombreuses sont déjà mortes du fait de l’incompétence de ce médecin », déplorent des parents de victimes présumées.

En Afrique, plusieurs pays déplorent l’existence de faux médecins dans les structures aussi bien privées que publiques. En mai dernier, par exemple, les autorités guinéennes ont mis aux arrêts un étudiant de l’université de Conakry pour « pratique illégale de la médecine et homicide involontaire ».

Et quand bien même pratiquée par des médecins assermentés, le taux de mortalité liée à la chirurgie est deux fois élevé en Afrique que dans le reste du monde, révèle une étude.

avec africanews

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