Main tendue à l’opposition, missions dans l’est théâtre de violences, …. Le président de RDC Félix Tshisekedi fait feu de tout bois pour afficher sa volonté de pacifier son pays. Mais pas aussi simple que ça.

Vital Kamerhe en mission de paix. C’est en ces termes que des médias aussi bien congolais qu‘étrangers résument le séjour du directeur de cabinet de Fléix Tshisekedi à Minembwe, sur les hauts plateaux du territoire de Fizi dans la province du Sud-Kivu à l’est.

Dans ce territoire, se déroule un conflit « oublié » entre les quelque quatre communautés ethniques identifiées : Bembe, Banyamulenge, Bafuliro et Bashi. Autrement dit, chaque ethnie a son bras armé. « Toutes les communautés ont reconnu avoir un groupe d’autodéfense armé et qui se fait accompagner par des groupes armés étrangers », a déclaré lors d’une rencontre avec Kamerhe, un porte-parole de l’armée congolaise, le colonel Antoine Byagola, cité par la radio onusienne Okapi.

Et l’addition ne peut qu‘être salée en pareille circonstance. « Destruction massive de villages », « déplacements forcés de population », « attaques contre des centres et des personnels de santé », « violences sexuelles »,… Tout un chapelet de dégâts égréné par des ONG ou des institutions onusiennes.

Natif de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, Vital Kamerhe, ancien allié des Kabila (père et fils) fait partie non seulement des acteurs de la « Deuxième guerre du Congo » (1999-2003), mais aussi des faiseurs de paix en tant que commissaire général du gouvernement chargé du suivi du processus de paix dans les Grands Lacs africains après ce conflit qui se termina par les accords de paix de Sun City en Afrique du Sud.

Mais, en tant que mathématicien de carrière, le « Pacificateur » comme le surnomment des musiciens congolais dont Koffi Olomidé, sait que la situation au Sud-Kivu comme dans tout l’est de la RDC est une équation à plusieurs inconnues. Même si sur le terrain les résultats semblent suivre des opérations militaires annoncées le 30 juin par Félix Tshisekedi,

Le président congolais sait aussi que la paix dépend également de la stabilité politique. Plutôt que de procéder par la confrontation, le camp Tshisekedi voudrait procéder par le dialogue, mieux, la collaboration avec l’opposition.

Et l’aile dure de Lamuka ?

Une option qui semble avoir déjà trouvé preneur. « La Coalition Lamuka va rencontrer le président Félix Tshisekedi après la formation du gouvernement », a annoncé le 8 juillet dernier, Christophe Lutundula, secrétaire permanent du bureau politique d’Ensemble pour le changement, parti de Moïse Katumbi et membre de la coalition Lamuka.

Selon des médias, ces discussions devraient porter non seulement sur la paix à l’est, mais aussi et surtout sur « la décrispation politique et la reforme du système électoral en vue de préparer dans la sérénité les élections de 2023 », ainsi qu’a rapporté le site afriquepanorama.com. Une sérénité qui devrait dépendre du caractère consensuel de la gouvernance électorale.

Ce qui est cependant loin d’apaiser le courroux d’autres membres de Lamuka. « On ne peut pas aller crédibiliser un régime sorti du hold-up électoral. Si une rencontre devrait avoir lieu, c’est d’abord après une réunion du présidium, où les options claires doivent être levées », a pour sa part indiqué Steve Kivuata, porte-parole de Lamuka et proche de Martin Fayulu.

Un Fayulu qui jusqu’ici continue de réclamer la restitution de la « vérité des urnes », c’est-à-dire sa victoire présumée à la présidentielle de décembre dernier remportée par Félix Tshisekedi selon la Commission électorale et la Cour constitutionnelle.

Dans la route qui mène à la pacification du pays et à la décrispation du climat politique, se trouvent moult obstacles. De véritables rochers de Sisyphe que Tshisekedi pourrait peiner à soulever. À moins de dépenser le maximum d‘énergie.

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