En Gambie, les nouvelles coupures du dalasi (monnaie locale) ne porteront pas de visage de président. Une véritable césure dans ce pays où depuis l’indépendance en 1965, le visage du chef de l‘État a toujours été omniprésent sur les billets de banque.

La banque centrale gambienne a présenté lundi des spécimens des nouveaux billets de banque. Et dès ce mardi, ces nouveaux dalasi (environ 0,018 euro) seront injectés dans le circuit économique du pays.

Si chaque démonétisation comporte sa spécificité, les nouveaux billets de banque gambiens ont la leur. Ils ne porteront plus le portrait de l’ancien président Yahya Jammeh.

Et le processus d’effacement du visage de Jammeh ne fait que commencer. « Comme vous pouvez le constater, le visage de Jammeh disparaît progressivement. Le nouveau stock que nous allons imprimer couvrira toute l’année 2018 sans sa tête », a annoncé Bakary Jammeh, directeur général de la banque centrale de Gambie.

Pas seulement en Gambie

« Nous aurons alors le temps de repenser la monnaie dans son ensemble avec de nouvelles fonctionnalités de sécurité. Nous pensons à des normes telles que les billets de banque actuels de pays comme l’Afrique du Sud et le Ghana », a ajouté M. Jammeh.

Le portrait de Jammeh va ainsi être remplacé par un oiseau échassier faisant partie de la faune gambienne. Yayha Jammeh a dirigé la Gambie d’une main de fer pendant 22 ans. Jammeh avait quitté le pouvoir après sa défaite à la présidentielle devant Adama Barrow, à l‘époque opposant.

Mais il n’y a pas que « le dictateur du développement » qui faisait imprimer son portrait sur les billets de banque. La tradition avait commencé à l‘époque du premier président Dawda Jawara (95 ans).

Ce que Jammeh actuellement en exil en Guinée équatoriale avait reproché à son prédécesseur qui a régné de 1970 à 1994.

Et la pratique n’est pas l’apanage de ce petit e ce petit État d’Afrique de l’Ouest dans le continent. Au Zaïre (actuelle RDC) par exemple l’image de Mobutu Sese Seko ne pouvait pas manquer sur les coupures du zaïre, monnaie qu’il frappa au début des années 1970, dans le sillage de « l’authenticité » culturelle et au moment où les cours du cuivre, principale source des revenus de l‘État était très florissants, d’après des observateurs.

Avec africanews

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