Après un troisième sauvetage au large de la Libye dimanche, plus de 400 migrants se trouvent à bord des navires humanitaires Ocean Viking et Open Arms. Aucune solution n’a pour l’instant été trouvée pour leur accueil en Europe.

Plus de 400 migrants sont hébergés sur les navires humanitaires Open Arms et Ocean Viking alors qu’un troisième sauvetage, effectué par ce dernier bateau, a eu lieu au large de la Libye, dimanche 11 août. Toutefois, aucune solution n’est en vue pour leur accueil.

Bien que les capacités d’accueil optimales – 200 passagers environ – sont dépassées pour des personnes fatiguées, le coordinateur des opérations de recherche et de secours de l’ONG SOS Méditerranée, Nicholas Romaniuk, a décidé de continuer à patrouiller dans une zone située à 60 miles marins (environ 110 km) de Tripoli afin de secourir d’autres embarcations.

Troisième sauvetage en trois jours

« Nous sommes les seuls présents dans la zone », a-t-il expliqué à une journaliste de l’AFP présente à bord de l’Ocean Viking. « Les garde-côtes libyens ne répondent pas », ajoute-t-il, faisant valoir les conditions météo favorables qui peuvent inciter au départ.

Dimanche, l’Ocean Viking des organisations humanitaires SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) a procédé à son troisième sauvetage en trois jours.

« Nous avons une veille 24 heures sur 24 et deux radars qui couvrent la zone », explique Nicholas Romaniuk. « Ce matin, c’est la présence d’un avion de reconnaissance à basse altitude qui nous a alertés et conduits plus au nord. »

À bord d’un bateau en caoutchouc bleu de six à sept mètres de long s’entassaient 81 jeunes hommes qui ont applaudi les marins sauveteurs en les voyant approcher, prenant des selfies avec leur téléphone, inconscients des dangers encourus.

Certains portaient des bouées en caoutchouc noir autour du cou, inefficaces selon les sauveteurs.

Soudanais pour la grande majorité d’entre eux, âgés aux trois-quarts de 18 à 34 ans, ils ont dit avoir quitté les côtes libyennes samedi soir.

« Ces bateaux sont bricolés à la main par les passeurs qui assemblent quelques pièces de caoutchouc entre elles », affirme Nicholas Romaniuk. « Jamais aucun n’obtiendrait la moindre certification pour transporter des passagers. »

Les deux tiers des rescapés de l’Ocean Viking sont soudanais, même si le premier bateau secouru vendreditransportait aussi des Sénégalais et des Ivoiriens, partis travailler en Libye et rattrapés par la guerre.

Blessures de torture

Selon Luca, le médecin de MSF, « les personnes secourues souffrent de déshydratation et beaucoup de la gale », mais il a également « noté de nombreuses blessures héritées de tortures ».

En conférence de presse samedi à Lampedusa aux côtés des dirigeants de l’ONG Proactiva Open Arms, l’acteur américain Richard Gere a évoqué ces mauvais traitements. Le navire humanitaire Open Arms fait actuellement du surplace près de cette île du sud de l’Italie, avec 160 migrants à son bord, dont 121 sont « au point de rupture », après dix jours passés en mer.

« La plupart en parlent comme des migrants, mais pour moi ce sont des réfugiés en fuite. Des gens extraordinaires », a expliqué la star hollywoodienne. « Ils sont si forts, ils ont vécu des horreurs, un enfer, la torture, les viols, l’emprisonnement », a-t-il poursuivi. Il faut arrêter « la déshumanisation » et « arrêter de diaboliser des êtres humains ».

Dimanche, le fondateur d’Open Arms, Oscar Camps, a lancé un nouvel appel à la solidarité européenne. « Dixième jour à bord, par un dimanche caniculaire d’août. Nous résistons, nous avons 160 raisons de le faire. 160 êtres humains qui ont le droit de débarquer dans un port sûr. Honte sur toi, Europe ».

L’Open Arms a par ailleurs demandé l’évacuation de trois malades, de la tuberculose, de pneumonie et d’un cancer.

« Mieux vaut (avoir) des amendes qu’être complices », a ajouté Oscar Camps, faisant allusion aux règles en vigueur en Espagne et en Italie, où le navire risque la confiscation et des amendes pouvant aller jusqu’à un million d’euros.

En attendant, une trentaine de migrants ont débarqué dimanche directement sur les côtes italiennes. Parmi eux, 16 Iraniens et Irakiens interceptés sur un voilier arrivé dans les Pouilles (sud), et 13 Nord-Africains sur un bateau de pêche qui a accosté sur l’île sicilienne de Marettimo.

Avec AFP

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