L’armée et la police ont été déployées en force lundi à Bulawayo, deuxième ville du Zimbabwe, après l’interdiction la veille d’une marche prévue par l’opposition, quelques jours après la répression brutale d’une manifestation semblable à Harare.

Des soldats mais aussi des policiers armés juchés sur des chevaux et dans des camions patrouillaient dans le centre de la ville et dans ses environs densément peuplées, selon un journaliste de l’AFP.

Utilisant un mégaphone, la police qui circule dans un convoi formé de camions et de voitures blindées escorté par trois camions de l’armée, sillonne le quartier des affaires dans le centre de Bulawayo, tout en mettant en garde les habitants contre les manifestations.

Un quartier où l’activité est particulièrement intense, près de l’enceinte des tribunaux de Tredgold, où les changeurs de devises illégaux font des affaires, a été bouclé par la police.

Des barrages policiers ont également été mis en place sur les routes principales menant au centre de Bulawayo.

Près de cinq millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire
La police zimbabwéenne a interdit la veille la marche prévue par le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), à Bulawayo, pour protester contre la détérioration des conditions économiques. Le MDC a saisi la justice pour contester cette décision.

La police avait déjà interdit des protestations la semaine dernière à Harare, après que le MDC eut appelé à une série de manifestations dans la capitale contre la gestion de l‘économie par le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa.

Des dizaines de manifestants, dont beaucoup du MDC, avaient défié l’interdiction vendredi et des manifestants ont été blessés lors de la dispersion à coups de matraques, de fouets et de grenades lacrymogènes.

Ces manifestations devaient être les premières depuis celles de janvier contre la hausse des carburants, violemment réprimées par les forces de l’ordre.

Le président Mnangagwa, qui a succédé fin 2017 à Robert Mugabe, aux commandes du pays pendant trente-sept ans, s’est engagé à relancer l‘économie, jusqu‘à présent en vain.

Le Zimbabwe est confronté à des pénuries régulières de denrées de première nécessité, comme la farine, le pain, l’huile, mais aussi les carburants. Les Zimbabwéens sont aussi confrontés à de très longues coupures d‘électricité.

Environ cinq millions de personnes, soit un tiers des 16 millions d’habitants ont besoin d’une aide alimentaire, selon le programme alimentaire mondial (Pam)

AFP

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