La police a empêché jeudi une réunion, organisée par une association citoyenne en pointe dans le mouvement de contestation en Algérie malgré une interdiction des autorités, a annoncé cette association, le Rassemblement Action Jeunesse (RAJ).

La wilaya (préfecture) de Béjaïa avait interdit la tenue, à compter du 28 août, de l’université d‘été que le RAJ organise pourtant chaque année depuis 2012 dans la localité de Tichy. Le RAJ avait décidé de passer outre et d’organiser jeudi une “université populaire” sur une place de Béjaïa (180 km à l’est d’Alger).

“Les services de sécurité viennent de signifier la décision ferme des services de la wilaya, à leurs têtes le wali (préfet), de l’interdiction officielle de la tenue de l’université d‘été du RAJ”, a indiqué dans la matinée l’association sur sa page Facebook.

Le RAJ a plus tard ajouté sur Facebook que la police avait procédé à “des dizaines d’arrestations arbitraires et musclées”, parmi lesquelles celles du président du RAJ, Abdelouahab Fersaoui, son secrétaire général, Fouad Ouicher et son trésorier, Kamel Nemmiche, “ainsi que d’autres membres et militants du RAJ” et d’autres organisations.

Selon Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), orateur prévu jeudi de l’université du RAJ, “les services de sécurité ont intimé à RAJ de retirer le chapiteau et les chaises” dressés sur la place par les militants, leur expliquant qu‘était “maintenue la décision de la wilaya d’interdire l’université”.

“Ils n’ont pas utilisé la force, mais ils ont été très fermes”, avait précisé M. Salhi à l’AFP, avant l’annonce des arrestations.

“Nous ne cherchons pas l’affrontement”
“De notre côté nous ne cherchons pas l’affrontement” et “nous tenons à conserver le caractère pacifique du mouvement populaire” de contestation du régime né le 22 février, le “Hirak”, qui “s’est distingué par l‘évitement”, avait ajouté M. Salhi qui n‘était ensuite plus joignable.

Comme l’avait fait le RAJ, fin août, M. Salhi a trouvé “étrange qu’en plein mouvement révolutionnaire pour plus de liberté et de démocratie” et alors que “le pouvoir appelle au dialogue, on empêche les Algériens de dialoguer entre eux”.

La “Cellule de communication” de la wilaya de Béjaia n‘était pas en mesure de répondre aux questions de l’AFP dans l’immédiat sur le cas particulier du RAJ, rappelant simplement que les autorisations sont délivrées ou non sur la base de dispositions légales.

“Il n’y a aucune raison d’interdire cette activité” associative et “il n’y a aucune raison de soumettre les associations au régime de contrôle et d’autorisation”, a estimé de son côté Saïd Salhi.

Le RAJ avait attribué l’interdiction de son université d‘été à son opposition affichée – au côté d’autres associations, dont la LADDH – à la présidentielle que veut organiser rapidement le pouvoir pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission par la rue le 2 avril après 20 ans au pouvoir.

AFP

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