A New York, ce samedi, plus de 500 jeunes de 140 pays ont pris possession de l’ONU, à la place des habituels diplomates : ils se sont réunis pour le sommet de la jeunesse sur le climat. Après avoir marché dans les rues de Manhattan aux côtés de 300 000 personnes vendredi, ces jeunes du monde entier proposent des solutions et exigent des chefs d’État des mesures pour freiner considérablement le changement climatique.

Deux générations différentes ont donné le coup d’envoi du sommet de la jeunesse sur le climat, représentées par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et l’activiste suédoise Greta Thunberg. Finalement, pas de poignée de main symbolique entre eux, on se démarque des gestes et de la logorrhée habituelle des politiciens.

Greta Thunberg s’est humblement effacée pour laisser trois représentants d’autres continents parler. Le secrétaire général, lui, a prévenu qu’il était là plus pour écouter que parler. Il a remercié Greta, et les jeunes en général, d’avoir provoqué le changement dans le moment autour du climat depuis deux ans. « Ce changement de momentum est largement dû à votre initiative et au courage qui vous a permis d’initier ce mouvement, et de le faire grossir, de vous seule devant votre Parlement à des millions de personnes dans les rues du monde entier. Réclamant clairement que les décideurs changent, mais en plus qu’ils soient responsables. »

Les jeunes ont totalement investi les lieux à leur manière, avec leurs codes et leur façon de communiquer, au diable la forme, l’essentiel est que les messages passent. À certains moments, on se serait cru dans une université plus qu’à l’ONU vu la foule de jeunes assis par terre, ordinateur sur les genoux, dans les couloirs. Mais on apercevait aussi ponctuellement un costume cravate agenouillé près d’un groupe, des cartes de visite qui se tendaient. L’envoyée spéciale des Nations unies auprès des jeunes a raison lorsqu’elle leur rappelait le pouvoir qu’ils ont acquis et comment les décideurs, qui ne daignaient même pas les écouter il y a deux ans, veulent maintenant leur parler. Un diplomate confiait tout sourire que cette énergie lui faisait du bien et tranchait avec le ronron feutré habituel.

Des échanges radicaux

L’amphithéâtre est plein à craquer, plusieurs jeunes n’ont pu entrer : on a rarement vu dans les couloirs de l’ONU autant d’énergie ainsi que de solutions aussi concrètes, aussi bien technologiques que naturelles, l’idée étant de s’inspirer les uns les autres.

Cinq jeunes entrepreneurs ont expliqué leurs projets sur le mode « pitch de start-up » devant des représentants d’entreprises Tech, comme la Polonaise Monika Seyfried de « Grow your own Cloud ». Elle veut transformer le stockage de données numériques. « Nous imaginons convertir ce que vous avez dans vos téléphones, photos, vidéos, en bases nucléiques qui composent l’ADN. Et ceci pourra être synthétisé en forme liquide de l’ADN, et encore plus incroyable, cela pourra être inséré dans une plante pour le stockage », explique Monika Seyfried.

Puis les jeunes ont pu dire en moins d’une minute, à la manière d’un tweet, ce qu’ils avaient mis en place dans leurs pays. Il y a eu des échanges très radicaux, comme celui de cette jeune femme interpellant le représentant de Microsoft sur ses partenariats avec des entreprises gourmandes en énergies fossiles… Ou cette autre qui a prévenu les chefs d’État : les jeunes sont de plus en plus nombreux à ne plus vouloir faire d’enfants tant que les lois pour lutter contre le changement climatique ne seront pas plus efficaces.

Luis Alfonso de Alba

@ladealba

Touched by the powerful opening of the @UN Youth Summit – I’m humbled by of all the actions and voices of young people here at the UN today, and around the world to support

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■ Les graines « magiques » du Kenyan Mutuku

À l’ONU, les jeunes du monde entier proposent des solutions et exigent des chefs d’État des mesures pour freiner considérablement le changement climatique. Ils viennent aussi partager tout ce qu’ils ont mis en place dans leur pays. Le Kenyan Paul Mutuku a un badge « La Science pas le silence » au revers de sa veste. Il est le représentant de l’ONG Youth for Nature et est venu parler des banques de graines indigènes qu’il a créées au sein de son organisation.

« Nous essayons de créer beaucoup de banques de graines : on récupère des graines et on les propage. On en fait des pousses qu’on vend ou qu’on donne aux communautés pour qu’elles puissent toutes planter. Les arbres indigènes ont une plus grande capacité à faire la synthèse ou capturer le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère que les arbres exotiques. En fait, la plupart des arbres exotiques ne font pas du bien à leur environnement – ils sont uniquement là pour des raisons économiques, mais pas pour des raisons environnementales. Les arbres natifs donneront le plus de résultat dans leur habitat naturel : ils vont pousser de façon agressive et massive dans leur environnement naturel. Cela va leur permettre de capturer les excès de carbone et de les stocker dans le sol. Tandis que s’il était transféré sur un autre terrain, il aurait à affronter tellement de défis, il sera en stress et ne pourra pas capturer autant de carbone de l’atmosphère. Donc, si on localise les arbres dans leur région naturelle, on aide en fait à améliorer le changement climatique en capturant le carbone atmosphérique. »

■ La Grande muraille verte du Nigérian Lawal

Hamza Lawal vient du Nigeria. Il est le fondateur et président d’une ONG baptisée Conected Developement (« Le développement connecté »). Il présentera la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel. Cette initiative qui vise à planter des arbres sur plus de 8 000 kilomètres, entre Dakar et Djibouti afin de ralentir la progression du désert a été lancée il y a plus de dix ans par l’Union africaine. Mais à ce jour, rien ne progresse. Pourtant, Hamza Lawal, rappelle que cette question est un enjeu mondial.

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