Ce jeudi 10 octobre au matin, le Conseil de sécurité va évoquer l’offensive militaire turque au nord-est de la Syrie qui a débuté hier. Le Conseil a été saisi pour cette réunion qui se tiendra à huis clos par les pays membres européens. Dans une lettre adressée au conseil, la Turquie a cité l’article 51 de la charte de l’ONU sur l’auto-défense, arguant qu’elle ne fait que protéger ses frontières. En effet, elle assimile les forces kurdes à des terroristes.

La première inquiétude du Conseil de sécurité de l’ONU est l’importante crise humanitaire qui se profile, avec déjà le départ des populations civiles de la zone attaquée au nord-est de la Syrie. Mais jusqu’où le Conseil sera-t-il prêt à réagir contre Ankara ? C’est ce niveau de virulence qui préoccupera les diplomates internationaux ce matin.

La menace des réfugiés

Les Etats-Unis, en négociation bilatérale avec Erdogan depuis plus d’un an, ne voudront surtout pas perdre leur soutien turc au sein de l’Otan, par exemple.
Les pays européens – cinq sur les quinze membres du Conseil – savent, eux, qu’Ankara pourrait brandir la menace de laisser les réfugiés passer en Grèce en masse, si des sanctions trop importantes étaient prises à son encontre.

D’un autre côté, les membres du Conseil sont aussi conscients qu’acculer les Kurdes, alliés dans le combat contre le groupe État islamique, pourrait avoir une conséquence annexe très grave : les Kurdes sont en effet les gardiens de 10 000 prisonniers, ex-combattants terroristes. Les affaiblir, c’est prendre le risque que ces prisonniers s’échappent, et que le groupe EI puisse réorganiser un nouveau front. Or, les diplomates ici à New York insistent bien sur la fragilité de la victoire acquise il y a quelques mois sur le groupe terroriste.

Ondes de choc

Tout l’enjeu donc, pour le Conseil de sécurité est de pallier aux ondes de choc de l’annonce que Donald Trump a faite il y a quatre jours et sur laquelle il est partiellement revenu. Une déclaration qui a d’ailleurs occulté le fait, qu’en parallèle, enfin, l’ensemble des membres du Conseil s’étaient unis, et qu’une solution politique avec tenue d’élections en Syrie devenait pour la première fois un peu plus tangible.

Émotion et condamnation à Paris

En France, la présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Marielle De Sarnez, se veut très ferme : « Je condamne totalement cet acte, c’est une faute morale, à l’égard de nos alliés, les Forces démocratiques syriennes qui sont composées de Kurdes mais pas seulement, qui sont également composée d’autres communautés par exemple les communautés chrétiennes, ces forces-là, ces forces démocratiques syriennes, ont eut plus de 13 000 morts pendant la guerre, et s’ils n’avaient pas été là, Daech n’aurait pas vaincu militairement. »

Puis, continue Mme De sarnez, « c’est une faute politique, puisque cette intervention, elle entretient à l’évidence un risque d’escalade le long de la frontière syro-turque, il y a dans toute cette zone une résurgence de Daech, c’est en plus un endroit, le nord-est syrien, dans lequel il y a un certain nombre de jihadistes retenus dans des camps et il ne faudrait pas qu’il y ait là aussi de ce côté-là une déstabilisation. »

Avec rfi

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