L’universitaire Kaïs Saïed, 61 ans, et l’homme d’affaires et des médias Nabil Karoui, 56 ans, s’affrontent vendredi lors d’un débat télévisé, à deux jours du second tour de l’élection présidentielle en Tunisie.

D’un côté, un austère spécialiste du droit constitutionnel, de l’autre, un homme d’affaires clivant au verbe facile. Kaïs Saïed et Nabil Karoui – tout juste sorti de prison – s’affrontent, vendredi 11 octobre, lors d’un débat inédit attendu en Tunisie à deux jours du scrutin présidentiel.

« C’est un débat entre deux candidats aux antipodes », analyse Lilia Blaise, correspondante de France 24 en Tunisie. « D’un côté, Kaïs Saïed, très classique, qui s’exprime en arabe littéraire, et de l’autre Nabil Karoui, qui parle le derja, le dialecte tunisien, qui est plus volubile, moins posé. »

Le duel télévisé, annoncé mercredi dès la sortie de prison de Nabil Karoui, est une première dans le pays pionnier des Printemps arabes, et a été logiquement placé à la une de la presse tunisienne vendredi.

« Enfin… le débat ! », a titré le quotidien Al Chourouk, « Ce soir ou jamais », a écrit Le Temps. Le journal Al Maghreb a expliqué, quant à lui, que ce face-à-face entre deux candidats aux antipodes doit « permettre aux sept millions d’électeurs tunisiens de savoir qui mérite leur confiance ».

Au premier tour de la présidentielle début octobre, les deux outsiders étaient arrivés en tête, au détriment de l’élite politique en place : Kaïs Saïed avait obtenu 18,4 % des voix contre 15,6 % pour Nabil Karoui.

La révolution par le droit face à la défense des plus démunis

Kaïs Saïed propose une décentralisation radicale du pouvoir et une révolution par le droit, son thème de prédilection. Il reprend des slogans de la révolution de 2011, appelant à redonner « le pouvoir au peuple » tout en restant très légaliste, ce qui lui vaut d’être largement plébiscité par les étudiants, notamment ceux qui furent les siens.

Nabil Karoui, qui a fondé avec son frère Ghazi l’une des principales chaînes de télévision du pays, Nessma, a fait de la défense des plus démunis son cheval de bataille, puisant volontiers dans le registre du lyrisme. Il se présente comme le « père » de la « grande famille » de ses électeurs.

Les sept millions d’électeurs tunisiens retournent dimanche aux urnes pour la troisième fois en un mois, dans un contexte économique difficile, qui alimente une grogne sociale croissante.

Avec AFP

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